Seizième semaine à Madagascar

Lundi 15 juillet 2019 :

Cette nouvelle semaine va être centrée sur la colonie de vacances que nous accueillons. Les Français qui sont arrivés hier sont encore assez malades. Certains, qui n’avaient développé aucun symptôme jusqu’à présent, commencent à manifester les premiers malaises. Nous pensons qu’ils ont tous été victimes d’une intoxication alimentaire. Mais rien de très grave, tous se remettent petit à petit.

Ce jour, nous avons fait connaissance, et commencé à organiser la colonie de vacances. Nous avons tous été répartis en groupe, et nous aurons la charge de différentes classes d’enfants durant le reste de la semaine. Moi, je serai avec les CM1.

Les préparatifs continuent jusqu’au soir. Et à 22h30 prend fin la dernière réunion d’information de la journée.

Mardi 16 juillet 2019 :

Aujourd’hui commencent les choses sérieuses. Pas question de lambiner. Petit déjeuner à sept heures, départ pour l’école publique primaire à 7h30, et début de l’animation à huit heures. Car, je le précise : la colonie se déroule dans les locaux de l’école publique primaire qui nous prête ses bâtiments.

Ce matin, nous faisons connaissance avec les enfants dont nous avons la charge. Moi, je commence à être habitué à l’apparence des Malgaches. Mais pour les Françaises et les Français qui m’accompagnent, c’est une surprise de voir à quel point les Malgaches font plus jeune que leur âge.

Nous commençons par des chants et danses. Je dois assurer l’animation de la colonie, et faire jouer les enfants durant des heures. Nous faisons des dessins, du coloriage, des scoubidous et des bracelets en laine. Les enfants semblent apprécier ces distractions.

L’après-midi venu, il est temps de passer à des activités plus sportives. Je propose de faire un foot, car plusieurs enfants m’en ont demandé la permission. Tout le monde est ravi, même les filles. Alors, nous faisons un match, avec deux équipes de 20 joueurs. Et compte tenu de la petitesse du terrain, je vous assure que cela fait de belles mêlées. L’arbitre fait de son mieux pour que tout se passe bien, et aucun problème majeur ne survient.

Les heures s’écoulent et bientôt nous devons rentrer. Il n’est que 15 heures de l’après-midi lorsque nous mettons fin à la colonie de vacances pour la journée. Je n’étais pas au courant du détail de l’organisation, et je pensais que notre animation durerait jusqu’au soir. Mais il n’en est rien. Déjà, nous rentrons à la communauté pour le goûter de 16 heures.

Mercredi 17 et jeudi 18 juillet 2019 :

Les journées se suivent et se ressemblent, sans pour autant être les mêmes.

Ce mercredi 17, nous avions beaucoup de travail en perspective. J’ai participé activement à la colonie de vacances, en donnant tout mon temps aux enfants et à leur encadrement. Les enfants jouaient allègrement. Comme tous les enfants, ils ne nettoyaient pas leur terrain de jeux et ne se respectaient pas beaucoup ayant tendance à se bagarrer. Ils sont pareils sous toutes les latitudes. Mais la journée fut belle.

Il nous avait été demandé, à partir de ce jour, de ne plus encadrer les élèves. Seuls les jeunes Français et les jeunes Malgaches encadreraient désormais les enfants de la colonie. Nous, nous resterons en retrait, et nous nous contenterons d’être des référents en cas de problème. Pour moi, c’était assez dur à supporter au début, mais j’ai fait avec. Au cours de la journée, n’ayant rien de mieux à faire, je me suis mis à ramasser tous les papiers qui traînaient çà et là. J’ai pris le temps de nettoyer les classes, et de tout remettre à leur juste place. Ce qui m’a le plus étonné c’est que, me voyant faire ainsi, les élèves se sont naturellement mis à faire de même. Ils m’ont aidé à ramasser les papiers dans la cour, et à nettoyer les classes. J’ai vraiment que l’on peut réellement diriger des personnes par l’exemple. Ce ne sont que des enfants. Ils ont encore tout à apprendre.

Il faut rentrer à la communauté. Cette belle journée de jeudi s’est terminée par un temps de réconciliation, où nous avons pu tous prier ensemble. Parmi les jeunes Français, beaucoup ne sont pas pratiquants, ou même croyants. C’est assez difficile pour eux de se retrouver dans une communauté chrétienne, avec tous ces offices et ces célébrations. J’espère pour eux que malgré les difficultés, ils passent un merveilleux séjour.

Vendredi 19 et samedi 20 juillet 2019 :

Vendredi fut une journée tout à fait pareille à jeudi. Lever à la même heure que d’habitude, et départ pour l’école primaire publique dans la foulée. Arrivé sur place, chants, danses et jeux toute la journée.

Ce n’était pas une journée très intéressante, pas plus que ne sera finalement la journée de samedi. En tout cas pour moi. Mais les enfants sont toujours heureux de nous voir. Il semble que nous leur apportons beaucoup de joie.

Pour ma part, je me suis contenté de faire de la surveillance ces deux derniers jours. Le samedi, d’ailleurs, fut un jour un peu différent. Nous avions organisé une kermesse pour ce dernier jour de colonie de vacances. Le matin, nous avons organisé une messe en plein air. Tandis que l’après-midi, les encadrants avaient prévu des jeux pour tous les élèves.

Le soir venu, nous avons fait nos adieux à tous les élèves, dont beaucoup manifestaient, par des pleurs intenses, le regret de nous voir partir.

Le soleil s’enfonce une dernière fois derrière l’horizon, et je pense avec joie que je vais pouvoir aller retrouver mon lit. Mais, une petite surprise m’attend. Une des jeunes Françaises, ainsi qu’une des jeunes Malgaches, qui étaient venues encadrer la colonie semblent nous avoir faussé compagnie. Il est 22h00 et elles ne sont pas dans leurs dortoirs respectifs. Tout le monde est en alerte, et nous les cherchons partout. Ce ne sera qu’après 2h30 d’intense recherche que nous les retrouverons. En fait, elles n’avaient pas quitté la propriété. Elles étaient simplement cachées pour pouvoir discuter tranquillement entre filles. Malheureusement pour elles les conséquences sont assez graves. D’après ce que j’ai compris, la jeune Malgache va être renvoyée dans sa famille, et il est probable qu’il en soit de même pour la jeune Française. C’est bien dommage que nous en soyons arrivés là.

Moi, je vais me coucher et espère ne pas trop souffrir du manque de sommeil pour demain.

Dimanche 21 juillet 2019 :

Aujourd’hui, c’est le jour du grand départ pour les Français qui sont ici depuis une semaine. Aussi, tout le monde se prépare dès le matin. À 10 heures, tout doit être prêt. Chacun fait de son mieux, mais je sens poser comme un voile de fatigue sur chaque homme et chaque femme ici présents. Moi, je suis éreinté. Je n’ai que très peu dormi la nuit dernière. J’essaierai de faire de mon mieux, pour me reposer les prochains jours, mais pas aujourd’hui. Je souhaite profiter des dernières heures qu’il me reste avec chacun.

Alors, plutôt que d’aller à la messe de 10 heures, j’accompagne les Français pour aller voir le marché des pierres. Ce n’est pas très loin de la communauté, mais comme nous sommes dimanche un seul stand est ouvert. En fait, normalement aucun stand ne devrait être ouvert. Mais une amie gemmologue, Charlotte, a demandé spécifiquement à une dame d’ouvrir ce dimanche. C’est en effet le seul jour que nous ayons de disponible cette semaine. Alors, tout le monde s’y retrouve. La commerçante fait de bonnes affaires et les Français sont heureux.

Après cela, nous allons au restaurant « Chez Billy ». Le propriétaire est un Malgache marié à une Française. Les plats proposés sur la carte sont un mélange de nourriture malgache et de nourriture de notre bonne vieille France. Moi, je choisis un steak de zébu au bleu d’Auvergne. J’avoue avoir éprouvé beaucoup de plaisir à retrouver des saveurs de mon pays. Je ne suis pourtant pas bien difficile pour ce qui est de la nourriture, mais le fromage me manque ici. Ce repas est un peu pour moi comme une « madeleine de Proust ».

Le temps passe, et déjà nous devons rentrer à la communauté pour nous dire au revoir. Roch, un Français qui est arrivé depuis deux mois et demi à la communauté, s’en va aujourd’hui. C’est la dernière fois que je le vois. J’avoue qu’il va beaucoup me manquer, son amitié m’était devenue très chère. Enfin bon… ainsi va la vie, et il y aura d’autres jours comme celui-ci. Il ne faut pas que je m’en fasse, peut-être le reverrai-je un jour.

À 14h30, tout le monde est parti.

Après ces départs, j’essaie de me reposer l’après-midi durant.

Une nouvelle semaine vient de prendre fin dans ce beau pays.

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