Dix neuvième semaine à Madagascar

Lundi 5 et mardi 6 août 2019 :

Lundi fut une journée assez reposante. J’ai passé tout mon temps à compléter les recherches que j’avais initiées jeudi et vendredi pour l’alimentation électrique de la rizière de la communauté. Mais à la fin de la journée, mes conclusions étaient bien moins optimistes que vendredi soir. Je n’avais pas encore chiffré le coût des batteries pour l’installation. Or, il se trouve que c’est de loin le poste le plus coûteux. Les batteries représentent, en effet, entre 70% et 80% du coût global de l’installation. On ne peut pas dire que ce soit une bonne nouvelle. Du fait, j’ai demandé un rendez-vous téléphonique avec la personne plus compétente que je connais sur le sujet. Peut-être pourra-t-elle me guider vers des solutions moins coûteuses…

Mardi matin, j’ai fait pour la première fois des achats à Madagascar. Certains pour moi-même, et d’autres pour offrir. Aussi, je n’en mettrais pas les photos ici… Rien de très extraordinaire dans ces achats, mais des petits objets qui permettent aux hommes et femmes du pays de vivre de leur travail. Je ne voulais rien acheter d’autre, rien qui soit superficiel, rien qui ne soit utile, mais seulement encore un dernier geste donné…

L’après-midi, j’ai enseigné à Votsinapy. Les élèves ayant passé leurs examens de français la semaine dernière, nous en avons fait la correction aujourd’hui. Enfin… je devrais plutôt dire que nous avons débuté la correction. Il y a encore beaucoup à faire et nous ne la finirons que vendredi. Les élèves manquent d’attention aujourd’hui, mais comment le leur reprocher ? Tous les autres élèves de la ville sont en vacances, alors qu’eux doivent encore travailler jusque septembre pour leurs examens. En plus de cela, l’enseignement d’aujourd’hui n’était pas comme les autres puisqu’il s’agissait d’une correction. Bref, de tout cela il résultait une ambiance peu studieuse. Mais dans l’ensemble le cours s’est bien passé. Je commence à m’habituer à ce travail, mais je doute pouvoir y trouver un épanouissement pour ma vie entière…

Le soir venant, avec quelques amis de la communauté, nous sommes allés prendre un repas dans une pizzeria en centre-ville. C’était copieux, et très bon. Nous y avons passé deux heures et ne regrettons pas d’être venus ici. Cela fait du bien de sortir de temps en temps. Moi, je pense que j’avais bien besoin de me détendre et que cette sortie m’a fait le plus grand bien.

Mercredi 7 et jeudi 8 août 2019 :

Deux belles journées de détente pour moi. Enfin… presque. Dans les faits, je passe chacun de ces deux jours au service de la mission Cana. Je me charge de l’intendance, et gère une partie des repas de la communauté et des invités pour la cession. Cependant, il n’y a pas de quoi en faire un plat, je n’ai pas grand-chose à faire durant ces deux jours. Aussi, je profite de mon temps libre pour me reposer et lire un peu. Un loisir que je n’avais guère eu le temps de pratiquer ces dernières semaines.

Vendredi 9 août 2019 :

Ce vendredi fut plus actif que ces deux derniers jours. Le matin, je consacre quelque temps à la préparation de mon cours de l’après-midi. En effet, je vais finir la correction du devoir de Français de la semaine dernière devant les élèves. J’ai déjà préparé un petit texte, mais je cherche la façon de le présenter. Je fais au mieux, et lorsque midi arrive je pense être prêt.

N’ayant rien de bien important à faire ce midi, nous avons prévu de sortir avec quelques Français arrivés à Madagascar depuis peu. Nous profitons du temps que nous avons entre midi et deux pour aller au restaurant. Ce dernier s’appelle « chez Jenny ». Le repas est délicieux, mais pas très copieux. J’aurais vraiment aimé manger davantage, mais heureusement pour moi nous avons la chance de profiter d’une très belle vue durant notre repas. Alors pour moi, cela vaut largement la peine d’être venu.

Déjà arrive l’heure de faire cours. Je suis de retour à Votsinapy et les élèves m’attendent avec impatience. Je craignais d’arriver en retard, faute d’avoir quitté le restaurant à temps, mais en fait je suis juste à l’heure. Je commence le cours en terminant les dernières questions qui n’avaient pas été traitées mardi dernier. Les élèves hésitent un peu sur la dernière question, aussi je me charge de les aider. Mais pas question de leur donner la réponse sans les faire réfléchir. Ils doivent y arriver tout seuls. Compte tenu des mauvais résultats aux examens de la semaine dernière, un nouvel examen va avoir lieu la semaine prochaine. J’aimerais qu’ils comprennent leurs erreurs pour pouvoir progresser au plus vite.

Les questions de compréhension de texte étant traitées, je m’attaque à la rédaction de l’expression écrite. Je demande d’abord si l’un d’entre eux souhaite lire le texte qu’il a écrit le jour de l’examen. Bien évidemment, aucun ne le souhaite… C’est dommage, je crois que plusieurs d’entre eux seraient tout à fait intéressants à analyser. Malheureusement, nous n’avons guère de temps, et les élèves ne se sentent vraiment pas prêts à partager leur travail. Aussi, je donne pour exemple le texte que j’ai préparé. Bien que j’aie essayé de faire simple, il y a un bon nombre de mots que les élèves ne comprennent pas. Je me charge de leur expliquer tout le nouveau vocabulaire. Je remarque que plusieurs d’entre eux ne prennent pas de note sur ce dernier point. J’essaie de leur expliquer pourquoi il est important de prendre des notes sur le vocabulaire. Malheureusement, je ne suis pas sûr que la plupart d’entre eux souhaitent réellement progresser en français. Oh… tous voudraient bien faire des progrès en français, mais rares sont ceux qui sont prêts à travailler pour cela. Je me rappelle que moi-même, j’aurais bien aimé progresser très rapidement en anglais lorsque j’étais au collège. Mais, je n’étais pas prêt à y consacrer le temps nécessaire. C’est probablement l’un des plus gros problèmes lorsque l’on enseigne. Savoir de quoi les élèves ont réellement besoin, et ne pas pouvoir leur donner parce que cela dépend presque uniquement d’eux. Enfin bon… peut-être que certains seront tout de même touchés par mes propos.

Quoi qu’il en soit, le cours se termine très bien. J’ai pu expliquer tout le vocabulaire méconnu et les raisons de la structure de mon texte. J’ai pu leur donner des synonymes pour chaque mot compliqué. Ainsi, ils ont pu prendre conscience qu’il n’était pas nécessaire de connaître tous les mots complexes de la langue pour écrire le même texte. J’espère que cela les aidera, mais le mieux serait pour moi de leur faire faire des expressions écrites à chacun. Ainsi, je pourrais les corriger personnellement dans leurs propres difficultés. Mais avec une caisse de 60 élèves, je n’ai vraiment pas le temps.

Réfléchissant à comment je pourrais améliorer mon cours pour la prochaine fois, je dis au revoir aux élèves. J’espère que le résultat des examens de la semaine prochaine sera bien meilleur.

Samedi 10 août 2019 :

Ce matin, j’ai de nouveau participé à la cuisine pour la communauté. Et cet après-midi, je suis sorti avec Priscille et deux autres malgaches pour faire quelques courses.

De fait, Priscille a acheté un lambahoany (un tissu que l’on enroule autour de la taille comme un pagne), Roselyne un joli chapeau, et moi j’ai fait comme elle. Après cela, nous avons marché un peu et pris le temps d’acheter une glace. Je vous laisse admirer la photo.

Dimanche 11 août 2019 :

Ce dimanche, nous avons pris la décision d’aller nous promener avec le père Gabriel et Priscille. Alors, dès le début de la journée, nous nous préparons à partir. Comme le père Gabriel doit célébrer une messe dans un couvent, au sud d’Antsirabe, nous l’accompagnons avec la R5 de la communauté. Arrivés sur place, nous nous inquiétons d’une légère odeur au niveau du moteur. Nous descendons et, après avoir salué tout le monde, nous faisons une rapide inspection de la voiture. Et bien entendu, nous constatons qu’il n’y a plus de liquide de refroidissement. Alors, pendant que le père commence à prier avec le reste de l’assemblée, Priscille et moi essayons de réparer la panne. Une des durites du système de refroidissement à une fuite. Nous la colmatons du mieux que nous pouvons en déplaçant les colliers et en les resserrant au maximum. Nous remettons du liquide de refroidissement (de l’eau pour être plus précis, car à Madagascar seuls les très riches utilisent du liquide de refroidissement). Je démarre le moteur de la voiture et fais tourner un petit peu. La première fuite semble être colmatée, mais une deuxième fait son apparition. Nous procédons de même pour réparer la deuxième fuite, et lançons à nouveau le moteur. La deuxième fuite semble être réparée, mais une troisième vient vite calmer notre joie… une fois ces dernières réparées, c’est la première réparation qui semble céder. Cela commence à devenir vraiment pénible, mais un Malgache de la communauté vient nous aider. Il nous propose une chambre à air pour colmater la première fuite. Nous l’acceptons avec joie, et tentons cette méthode de réparation.

Pendant ce temps, la messe a déjà commencé. Et Priscille et moi arrivons un petit peu en retard. Ce fut une belle messe. Et lorsque nous devons partir, les religieux du couvent nous proposent de rester manger avec eux. Nous devons cependant décliner, afin de pouvoir réaliser le projet qui nous tenait à cœur aujourd’hui.

Avant le départ, nous revoyons un peu l’état de la voiture et des réparations effectuées avec le père Gabriel. Nous apportons quelques retouches complémentaires, et prenons la voiture pour Antsirabe.

Arrivés en ville, nous prenons le temps d’un bon repas au restaurant « chez Billy ». C’est la deuxième fois que je viens ici, et les plats sont vraiment délicieux et abondants.

Après cela, nous nous rendons chez Éric, un ami de la communauté, chez qui nous laissons la voiture de peur qu’elle ne nous claque entre les doigts. Par chance, ce dernier habite juste à côté de la colline sur laquelle nous comptons grimper cet après-midi.

Trois de ses enfants ont décidé de nous accompagner pour la marche. Lorsque nous grimpons, nous prenons le temps de réciter un chapelet, tantôt en Français, tantôt en Malgache. Et lorsque nous arrivons enfin en haut de la colline, nous avons le plaisir d’apprécier le paysage et de réciter une prière à Marie.

Sur ces beaux instants se finit ma semaine à Madagascar.

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