Lundi 29 juillet 2019 :
Ce lundi, la journée fut bien remplie. Me levant d’assez bonne heure, je passe un coup de fil à l’association des sécheurs de fruits de Madagascar. Mais malheureusement, personne ne me répond. Je pense qu’ils doivent être très occupés, mais cela me gêne tout de même un peu. N’hésitant pas bien longtemps, je prends la décision de me rendre sur place. Je sais bien qu’ainsi, je risque d’être dans la même situation que la semaine dernière, ne trouvant personne pour me recevoir. Mais qu’importe, j’ai déjà trop patienté.
Je prends le bus pour me rendre sur place. Quarante-cinq minutes sont nécessaires pour arriver à destination. Ici, prendre le bus est à peu près deux fois plus rapide que de faire le trajet à pied. Ce n’est pas une performance extraordinaire, mais c’est tout de même très appréciable. Les bus ne sont pour rien dans les ralentissements du trajet, c’est l’état de la chaussée et de la circulation qui crée des difficultés. Enfin bon, depuis quatre mois que je suis ici, je me suis fait à ces petits désagréments.
J’aimerais bien sonner à la porte, mais il n’y a pas de sonnette, aussi j’entre dans les locaux. Je salue la première personne que je rencontre, et lui explique mon problème. Elle me reçoit très chaleureusement, et me rassure très vite en me disant que la responsable de la transformation des produits agricoles est présente aujourd’hui. Ouf, je ne suis pas venu pour rien. Je vais enfin pouvoir la rencontrer.
Nous discutons tous les deux, durant près d’une heure. J’apprends très vite que la commercialisation des fruits séchés n’est pas extraordinaire à Madagascar. Il vaut mieux compter sur le commerce international pour cela. Il y a trop peu de débouchés ici. C’est assez embarrassant, mais peut-être pourrons-nous trouver un arrangement avec l’association pour le commerce international. Quoi qu’il en soit, le reste de la conversation est beaucoup plus intéressant. L’association est prête à acheter une partie de la production des Terreaux de l’espoir. Tant dans le domaine des produits agricoles que des produits laitiers. Voilà un nouveau débouché potentiel pour l’association. J’en discuterai cet après-midi avec Claire pour voir si elle peut être intéressée.
Nous finissons par nous dire au revoir, car nous avons fait le tour de la question. Une heure plus tard, je suis de retour à la communauté. Il me reste encore un peu de temps avant midi, alors je le consacre à aider comme je peux.
L’après-midi, je me rends aux Terreaux de l’espoir. Je parle durant plusieurs heures avec Claire de tout ce que j’ai fait, vu et discuté ce matin. Elle n’est que modérément intéressée. Dans l’état actuel, les Terreaux de l’espoir n’ont pas de difficultés à écouler leurs stocks. Je lui parle de la possibilité d’augmenter la production, puisque nous aurions de nouveaux acheteurs potentiels. Mais elle m’explique qu’actuellement il n’est pas possible d’augmenter la production. Alors nous faisons le tour du sujet. Je pose diverses questions, et au bout d’un moment un problème revient en boucle. Nous n’avons pas l’infrastructure pour l’irrigation nécessaire à l’augmentation de la production pour la zone agricole. J’aurais aimé le savoir plutôt, mais voici que le constat est fait. Pour moi, il n’est pas question d’en rester là. Je vais étudier diverses solutions pour remédier à ce problème.
Je dis au revoir à Claire, car est venu pour moi le temps de rentrer à la communauté. Déjà, le soleil se couche à l’horizon. Je n’aurais plus le temps de faire grand-chose ce soir.
Mardi 30 et mercredi 31 juillet 2019 :
Peu de choses méritent d’être racontées pour ces deux derniers jours. Simplement, alors que je me rendais à Votsinapy pour donner un cours de français, je suis tombé nez à nez avec l’enseignante de la matière. Elle s’est confondue en excuses, car en fait, il n’y a pas de cours cette semaine à l’école. Les élèves sont en examens blancs et aucun des enseignements que je devais donner n’aura lieu. Je suis assez surpris, mais je commence à en avoir l’habitude. Depuis que je suis arrivé ici, plus de la moitié des rendez-vous qui m’avaient été posés par des Malgaches se sont retrouvés annulés à la dernière minute. Généralement, c’est en me rendant sur place que je découvrais qu’ils étaient partis faire autre chose sans m’en avertir. J’avoue avoir eu quelques difficultés sur ce point à mes débuts. Mais, comme je suis ici en tant que bénévole, je n’ai pas de pression. Par conséquent, la chose m’a toujours été assez supportable même si j’apprécierais qu’il en soit autrement.
Qu’importe, en ce jour j’ai eu la chance de pouvoir discuter un peu avec les élèves et j’ai même pris quelques photos avec eux.

Jeudi 1er août 2019 :
Je n’ai pas souvent eu l’occasion d’être aussi satisfait de ma journée depuis que je suis arrivé à Madagascar. Aujourd’hui, j’ai eu beaucoup de choses à faire, mais je ne souhaite pas m’étendre sur le sujet. Aussi, je ne serai pas bien long.
Depuis maintenant quelques semaines, je suis informé du projet de la communauté du Chemin Neuf de mettre l’électricité dans les bâtiments de la rizière. Là-bas, une famille vit déjà sans avoir accès à ce qui nous semble si naturel en France. Il faut savoir qu’à Madagascar 75 % de la population n’a pas accès à l’électricité. Et parmi ceux qui y ont accès, la plupart n’ont qu’une lampe ou deux pour éclairer leur habitation. Aussi, il y a beaucoup à faire. Et de mon côté, j’étudie la possibilité d’une alimentation par panneaux photovoltaïques. Alors, j’y ai consacré toute la journée. Et maintenant que le soir arrive, je me rends compte qu’il me reste encore beaucoup à faire. Mais, j’ai déjà fait le tour d’une bonne partie de la question.
Vendredi 2 août 2019 :
Ce matin, j’ai de nouveau consacré mon temps à l’étude de la solution pour mettre l’électricité à la rizière. J’y vois un peu plus clair maintenant, et je pense que la chose sera tout à fait faisable. Elle devrait même être rentable. Mais il faudra plusieurs années pour amortir l’investissement.
Samedi 3 et dimanche 4 août 2019 :
De ces deux derniers jours, je n’ai pas grand-chose à raconter. Le temps a filé à l’ombre de quelques activités bien peu propices à la narration. Un peu de travail pour la communauté, beaucoup de temps de détente. Voilà le résumé de ce doux week-end.
C’est au cours de ce week-end que la communauté a fêté mon anniversaire.

Et j’ai beau chercher, mais ne trouve pas, à dire plus beau qu’un simple merci, pour ces derniers moments.