Onzième semaine à Madagascar

Lundi 10 juin 2019 :

Nous sommes lundi de Pentecôte, et à Madagascar c’est jour férié. Alors, je n’irai pas aux Terreaux de l’espoir aujourd’hui. Et pour toute la maison, c’est jour de repos. Aussi, nous avons prévu de faire une sortie ensemble.

Tout le monde s’est levé tard ce matin, nous avons pris du temps pour nous reposer. Mais dès notre lever, nous nous mettons tous à l’ouvrage. Nous préparons la nourriture pour le pique-nique de ce midi. Odon va chercher les salades tandis que Roch prépare la sauce. Pour ma part, je m’occupe des bouteilles d’eau. Et lorsque 10 heures arrivent, nous sommes enfin prêts pour le départ. C’est presque toute la maisonnée qui part en vadrouille. Laure-Elise, Odon, Roch, Roselyne, Jackson, Clémence, Toky et moi sommes de la partie.

Le ciel se couvre, et nous nous inquiétons qu’il ne pleuve aujourd’hui. Mais nous partons tout de même. Nous n’aurons, probablement, pas l’occasion d’aller nous balader de nouveau avant longtemps. Alors, tout le monde monte en voiture. La route n’est pas trop mauvaise, pour une route de Madagascar, et en seulement trois quarts d’heure nous arrivons à destination.

Le lieu de notre visite est bien connu de la communauté. Il s’agit d’une petite rivière, qui tombe en multiples chutes d’eau dans la région. Elle ressemble à un large torrent de montagne qui rebondit sur les rochers. Mais comme je manque de mots pour vous la décrire, et qu’une photo vaut mieux qu’un long discours, je vous propose d’admirer par vous-même.

Après avoir tenté de remonter le cours d’eau le plus loin possible, nous redescendons pour le repas. Nous nous sommes installés sur un gros rocher dans un détour du torrent. Là, entre les eaux qui se meuvent à l’infini, nous avons pris notre dîner. C’était vraiment magnifique. Et si reposant. Tout le monde était de bonne humeur, et lorsque le repas s’est enfin fini, nous avons continué par quelques jeux.

Ne souhaitant pas terminer là notre sortie, nous l’avons prolongée par une randonnée au travers des rizières. Nous avons grimpé et descendu sur collines pour admirer la vue, et avons cherché un chemin hors des sentiers battus.

Je n’ai rien à ajouter, concernant ce jour si magnifique, que de bénir une fois encore ces merveilles que le seigneur nous donne.

Mardi 11 juin 2019 :

Quel dommage qu’hier n’ai pu durer plus longtemps. J’aurais bien pris plaisir à quelques jours de repos, mais il me faut retourner au travail. Il y a beaucoup à faire.

Passer l’office du matin, je m’en vais travailler aux problèmes informatiques de la communauté. Je rédige un mail pour le service informatique de la maison-mère, qui se situe à Lyon. J’essaie de leur expliquer les deux problèmes que nous avons ici, avec le plus d’informations possible. Mais je ne suis pas tout à fait certain de fournir tous les éléments dont ils ont besoin. Il faudra une bonne partie de la matinée pour obtenir toutes les informations nécessaires à la rédaction de ce mail. Et cela fait, je retourne à la rédaction de mon blog, qui a pris quelques retards ces derniers jours.

Midi approche, et il me faut arrêter mes activités. Tant pis, je reprendrai plus tard. Et probablement pas aujourd’hui, car mon après-midi va être très occupé. En effet, n’ayant pu aller aux Terreaux de l’espoir hier, j’y vais cet après-midi. Aussi, le repas à peine terminé, je m’en vais à l’orphelinat.

La route est très encombrée. Il y a un grand nombre de charrettes tirées par des zébus qui ralentissent la circulation. Aussi, il me faudra près de trois quarts d’heure pour arriver à l’orphelinat. Mais comme j’étais partie de très bonne heure j’arrive tout de même en avance.

Une fois à destination, j’en profite pour discuter un peu avec Claire (la responsable administrative de l’orphelinat). Il n’y a pas grand-chose à dire aujourd’hui, mais en cours de conversation je me rends compte que j’ai oublié de faire quelque chose demandée par Claire. J’en éprouve beaucoup de honte. Pas question que cela se reproduise. Je note immédiatement la chose dans mon carnet pour ne pas oublier de la faire.

Francisco est très occupé, et n’a guère le temps de discuter avec moi, alors je prends le temps d’aller faire un tour à la bananeraie. Les choses n’ont pas beaucoup changé depuis la dernière fois, et aucun travail n’a été entrepris. Francisco n’a pas eu le temps de s’en occuper. Les rares bananes qui poussent sont extrêmement petites. Et nombre de régimes ne portent aucune banane. Seule la fleur pousse, sans avoir de fruits. C’est une triste bananeraie. Je m’en retourne voir Francisco, en espérant qu’il sera davantage disponible. Et en effet, revenu au centre de l’exploitation, je le retrouve prêt à discuter. Nous échangeons sur la bananeraie, et Francisco me confirme qu’il compte entreprendre le travail nécessaire pour la remettre en état. Il faut simplement qu’il aille recruter des ouvriers agricoles pour cela. Je sens bien qu’il est complètement surchargé. Mais je ressens une douleur plus profonde en lui, probablement que le décès du père Henri l’a plus affecté que ce que je pensais. Il n’était pas comme cela lorsque je l’ai rencontré il y a deux mois.

Cela étant fait, je m’en retourne à la serre pour travailler. Il y a encore plusieurs rangées de pieds de tomates à arracher. Alors, j’y consacre le restant de mon après-midi. Je me fie à la lumière des rayons du soleil pour connaître l’heure qu’il est. Je commence à m’y habituer. Je ne porte pas ma montre sur moi, elle n’a plus de piles depuis plusieurs mois. Et je ne sors que rarement mon téléphone portable, car mes mains sont extrêmement sales à force de travail. Aussi, lorsque je décide enfin de partir, pour m’en retourner à la communauté du Chemin Neuf, il est six heures du soir.

J’arrive en retard pour la soirée de prière. Elle a débuté à 18 heures. Mais qu’importe le retard, le temps que je passe à chanter et prier, même si plus court que d’habitude, me fait le plus grand bien après cette journée de travail. Je me sens apaisé, et pense que je dormirai pour le mieux cette nuit.

Mercredi 12 juin 2019 :

La journée commence très bien. Priscille et moi avons été chargés de faire des pâtes pour le repas de ce midi. Je suis ravi, car nous n’avons pas souvent la chance d’en manger. Cela me rappelle un peu la France. Nous les accompagnerons de carottes, courgettes, haricots verts, oignons et gingembre. Nous y travaillons en y mettant tout notre cœur, et à 11 heures le plat est enfin prêt. Il ne restera plus qu’à réchauffer l’ensemble 10 minutes avant de prendre notre repas.

L’heure restante, avant que midi ne sonne, je la consacre à la recherche d’exercices de dessin industriel à proposer aux élèves de l’ESSVA. J’en trouve bien quelques-uns, mais ce sont vraiment des exercices pour débutants. Je commence à désespérer de trouver quelque chose de consistant pour des élèves plus avancés. Quoi qu’il en soit, lorsque le repas arrive, je ferme mon ordinateur et remets tous mes problèmes à plus tard.

Le repas est excellent, j’étais un peu inquiet pour les pâtes, mais elles ne semblent pas trop cuites. Priscille et moi sommes satisfaits de notre cuisine. Cela fait du bien de savoir qu’on a réussi quelque chose, même si c’est une toute petite chose.

À 14 heures, débute le soutien scolaire. Aujourd’hui encore, je vais leur donner un cours de français. J’emploie la même méthode que celle utilisée lors du cours précédent. Je suis très satisfait des résultats. Les élèves participent et apprennent les verbes, en même temps que leur usage, dans un contexte adapté à leur âge. Je pense utiliser cette méthode à plusieurs reprises, mais il me faudra aussi trouver un moyen d’être plus efficace pour l’enseignement oral. J’essaierai d’en discuter avec mes amis ici, afin d’avoir leur avis en la matière.

À 16 heures, le soutien scolaire prend fin. Je dis au revoir aux élèves, et m’en retourne à la maison. Sœur Adrienne ne manque pas d’imagination pour nous occuper. Roch et Odon sont envoyés au jardin, tandis que Priscille, Clémence et moi avons pour charge de couper les légumes. La cuisine est déjà bien avancée quand nous arrivons, et en moins d’une heure tout est fini. N’ayant plus rien à faire, j’en profite pour aller voir si Roch et Odon ont besoin d’aide. Mais eux aussi ont tôt fait de terminer leur tâche. Aussi, je m’en retourne à la maison et continue mes recherches sur Internet.

Lorsqu’arrive enfin le repas du soir, je n’ai toujours pas trouvé d’exercice satisfaisant pour mes élèves. J’aurais bien aimé pouvoir créer ce type d’exercice, mais ce n’est pas aussi simple. Ce que je cherche est assez compliqué. Je voudrais un système complexe, avec plusieurs pièces. Comme un moteur de voiture vu en coupe et vu sous plusieurs angles. Ce n’est pas quelque chose que je peux faire moi-même. Je ne dispose pas des logiciels nécessaires, et le temps me manque pour réaliser un tel dessin.

Du fait de ce petit échec, je me couche assez peu satisfait. J’espère que la journée de demain me permettra de résoudre ce problème.

Jeudi 13 juin 2019 :

Ce matin, je dois aller aux Terreaux de l’espoir. Mais alors que je prends mon petit-déjeuner, le père Gabriel me demande si je serais disponible pour quelque chose d’autre. Il a dans l’idée d’aller rencontrer un spécialiste de l’agriculture à Madagascar. Je comprends immédiatement que je pourrais en tirer un grand bénéfice pour ma mission aux Terreaux de l’espoir. J’accepte avec joie. Je prends tout de même le temps d’écrire un petit SMS à Claire pour lui expliquer que je ne viendrai que cet après-midi. Le retour ne se fait pas attendre, et Claire me dit que cela ne pose aucun problème. C’est donc la conscience tranquille que je me rends à cette formation pour approfondir mes connaissances des plantes à Madagascar.

Je me mets en route, et prends la ligne de bus numéro 11 pour me rendre à destination. Je suis très surpris du trajet emprunté par le bus. Alors qu’en voiture une petite quinzaine de minutes suffirait largement, il m’aura bien fallu une heure pour me rendre sur les lieux. À mon arrivée, je retrouve le père Gabriel, venu sur sa moto. L’ensemble lui donne une allure peu habituelle pour un prêtre.

Tous les deux réunis nous rentrons dans la propriété. C’est vraiment magnifique ici. Tout est en excellent état. Sylvain nous accueille le sourire au visage, c’est lui qui va nous donner cette petite formation sur l’agriculture à Antsirabe et dans ses environs. Je ne peux pas vous décrire dans le détail tout ce que j’ai appris ce matin-là, mais je peux vous assurer que ce fut extrêmement enrichissant. Je vois déjà le bénéfice que je pourrai en tirer pour l’exploitation des bananiers de Francisco. En effet, Sylvain m’a expliqué que les bananiers doivent être plantés dans des creux, car ils ont besoin d’énormément d’eau pour pouvoir pousser. Il m’a montré la façon dont il s’y prenait, et voici le résultat.

Les bananiers ont, de plus, besoin de beaucoup d’engrais pour prospérer, ou bien d’un sol naturellement très riche. À l’orphelinat, les bananiers sont plantés sur des buttes et l’on ne leur a donné aucun engrais. C’est exactement le contraire de ce qu’il faudrait faire pour voir prospérer ces plantes. Jean touche deux mots à Sylvain, qui me fait remarquer qu’il viendra lundi aux Terreaux de l’espoir. Pour une surprise, c’est une surprise ! Sylvain connaît bien Francisco et Claire. Il doit déjà se rendre chez eux pour s’occuper des pommiers. Je note l’information dans un coin de ma tête. Il faudra que je sois aux Terreaux de l’espoir de bon matin lundi prochain.

Cette matinée ne m’a pas laissé le loisir de m’ennuyer. Et déjà, il est l’heure de rentrer à la communauté pour la messe. Mais avant de quitter les lieux, j’en profite pour vous laisser une petite photo d’un animal bien sympathique que j’ai rencontré ici.

Pour le retour, j’aurais bien aimé pouvoir rentrer sur la moto du père Gabriel, mais elle n’a pas de place pour passager. Tant pis, je prendrai le bus. Et en conséquence, je serai en retard pour la messe…

La routine de midi étant terminée, je file aux Terreaux de l’espoir. Là-bas, j’y retrouve Claire affairée à des tâches administratives. Je discute un peu avec elle de ce que j’ai appris ce matin. Elle se montre intéressée, mais me rappelle que la priorité initiale de Sylvain est de s’occuper des pommiers. Je la rassure immédiatement, je n’ai pas l’intention d’empiéter sur les travaux prévus. Mais, s’il reste un peu de temps à Sylvain en fin de matinée, j’aimerais lui montrer la bananeraie de l’orphelinat. Claire est tout à fait d’accord avec moi.

Je la remercie de m’avoir accordé un peu de temps, et je file travailler à la serre, où il reste encore beaucoup de travail sur les pieds de tomates. J’y consacre le restant de mon après-midi, et y mets tout mon cœur pour l’accomplir du mieux possible. Il y a toujours tant à faire sur cette terre, et si peu de temps pour l’accomplir.

Vendredi 14 juin 2019 :

Il commence à faire sérieusement froid à Madagascar. Oh… rien de comparable avec la France, mais comme nous n’avons pas de chauffage les matinées sont particulièrement fraîches dans la maison. Je mets toujours mon plus gros pull pour me couvrir. Et j’enlève ce dernier en cours de journée. D’ailleurs, la différence de température entre le soleil et l’ombre est particulièrement impressionnante. Je dirais que l’on ressent facilement de 10 à 15° d’écart. Et comme vous vous en doutez sûrement, chaque matin je me douche à l’eau froide. Les panneaux chauffants, sur le toit, ne chauffent plus suffisamment l’eau nécessaire à la maison. Mais je commence à m’y faire. En fait, il m’est beaucoup plus facile de m’habituer aux douches froides que je ne le pensais. Et puis, l’aspect positif, c’est que cela me réveille un grand coup chaque matin. Moi, après cette petite douche matinale, je me sens toujours d’attaque pour la journée.

Lorsque le temps de service arrive enfin, je descends avec les autres pour le lancement de la matinée. Nous nous retrouvons, comme à notre habitude, pour recevoir chacun nos missions et partager un petit instant de prière. Cela étant, il m’est demandé de trier le riz avec Odon. Cela faisait un certain temps que je n’avais pas trié le riz. Je suis très content d’être de nouveau affecté à cette tâche. J’apprécie ce travail méticuleux, et j’avoue que je le trouve très reposant. Me concentrer sur les grains de riz, et les petits cailloux, me permet d’oublier tous les soucis du quotidien.

Avec Odon, nous nous y attelons avec ardeur. Et trois heures plus tard, nous en voyons enfin le bout. Le temps restant, cette matinée, je le consacre à chercher des exercices pour le dessin industriel. Je n’ai pu en trouver pour cette semaine. J’en ai discuté avec Ezequiel, l’un des élèves de l’ESSVA. Il m’a expliqué que ce n’était pas bien grave, car il n’aurait de toute façon pas eu le temps de les travailler cette semaine. En effet, ayant leurs examens la semaine prochaine, ils n’avaient pas de temps à consacrer au dessin industriel. Mais, lui et ses camarades seront très heureux de résoudre ces exercices la semaine suivante.

La sonnerie retentit enfin. C’est l’heure de la messe.

Cette dernière terminée, et mon repas pris, j’en profite pour prendre un petit temps de repos dans ma chambre. Puis, le temps de service arrivant, je me lève et me prépare pour l’après-midi.

Aujourd’hui, nous reprenons la visite des familles. C’est une des activités principales de la communauté ici, avec le soutien scolaire. Les familles qui ont inscrit leurs enfants, pour les cours que nous donnons, reçoivent la visite de membres de la communauté de temps à autre. C’est une façon pour nous, de ne pas les laisser seuls dans la misère. Ces visites avaient été suspendues du fait des nombreux bouleversements qu’a connus la communauté récemment (notamment le décès du père Henri).

Pour cette mission, nous sommes répartis en trois groupes. Moi, je suis avec Roselyne et Odon. Les JETs sont répartis du mieux possible entre les différents groupes, afin que chacun ait au moins un Malgache avec lui. Moi, j’ai de la chance, ils sont deux avec moi.

Nous nous souhaitons tous bonne chance et partons chacun de notre côté. Roselyne, Odon et moi serpentons durant plus de 20 minutes dans les ruelles d’Antsirabe avant d’atteindre la première maison.

Mais ici, il me faut m’arrêter un peu dans mon récit. Je ne peux pas vraiment vous décrire ce que j’ai vu cet après-midi. C’est trop difficile. Je commence à m’habituer à la misère, ici sur les plateaux de Madagascar, mais aller voir les gens chez eux, et voir comment ils vivent, c’est bien plus difficile. La vie pour ce peuple est très dure. Et les familles que je rencontre ne sont pas des cas isolés. La plupart vivent dans des maisons de moins de 10 m². Leurs familles peuvent compter de quatre à dix personnes, et parfois plus encore. Ils ont déjà de la chance, quand le sol n’est pas en terre battue, et que leurs murs sont en pierre. Les toitures sont constituées de tôles fixées entre elles pour résister aux forts vents de la saison des pluies. Il n’y a pas toujours l’eau courante, et il est rare d’y trouver l’électricité. Les plafonds ne sont pas bien hauts. J’ai du mal à passer sous les portes. Mais pour la plupart des résidents, ce n’est pas un problème. Pourtant, malgré la misère matérielle qui règne ici les Malgaches sont toujours souriants et accueillants. L’une des femmes, touchée par notre venue, nous offre même une barre de chocolat à chacun. Cette fois, c’est moi qui suis touché. Ils n’ont presque rien et nous donne ce qu’ils n’ont que rarement la chance de manger. Je ne pleure pas, je n’ai pas de larme pour eux, à quoi cela leur servirait-il. Je vois des gens souriants qui ont juste besoin d’un geste d’humanité. D’un peu plus de présence peut-être. La plupart des habitants de ces maisons n’ont pas de travail régulier. Ils s’efforcent, autant qu’ils le peuvent, de subvenir aux besoins de leur famille en mendiant le travail qu’on daigne leur donner. Et moi, qui suis infiniment plus riche qu’eux, j’essaie juste de trouver les mots pour parler avec eux.

Finalement, ce seront trois familles que nous aurons visitées aujourd’hui. La dernière d’entre elles a dû, malheureusement, nous demander de partir un peu plus tôt que prévu. Elle était en train de faire du repassage pour une autre famille et ne pouvait pas délaisser son travail. Mais elle avait les larmes aux yeux lorsque nous sommes partis, et nous a chaudement remerciés de notre venue.

Le soir arrive, et je médite sur l’expérience de ce jour. Je ne peux rien écrire aujourd’hui. J’attendrai demain pour trouver les mots… (ce n’est que samedi que j’ai prie le temps d’écrire ces quelques lignes)

Samedi 15 juin 2019 :

Ce samedi, j’ai envie de faire très court. La journée a été relativement chargée, mais dans le fond, c’était surtout une journée de repos.

Ce matin, comme chaque samedi matin, nous avons soutien scolaire. Mais je ne ferai pas de français aujourd’hui. Je ne peux pas me contenter de leur enseigner cette matière, bien que ce soit celle où ils éprouvent le plus de difficultés. Alors, je leur donne un cours de physique. J’avoue que c’est une grande joie, pour moi, de pouvoir enseigner cette matière que j’ai tant aimée à l’école. Mais avant de plonger dans les exercices un peu complexes, je me demande s’ils maîtrisent les bases. Alors, choisissant de leur enseigner les circuits électriques, j’en profite pour vérifier s’ils comprennent les différentes représentations symboliques. Je leur demande, tout simplement, de donner le nom de chaque élément représenté au tableau. Si pour certains éléments il n’y a aucun problème, pour d’autres cela est beaucoup plus compliqué. J’ai bien fait de commencer par ce petit exercice. Il faut impérativement qu’ils maîtrisent les bases, avant de passer aux exercices suivants. Je continue, très progressivement, sur des exercices chaque fois un peu plus complexes. Et lorsque la fin du cours arrive enfin, j’ai pu leur faire réviser la totalité de leurs connaissances en matière d’électricité. Je suis très satisfait de l’enseignement que j’ai donné aujourd’hui, car je suis convaincu que les élèves ont progressé grâce à ce cours. J’avoue que je trouve cela exaltant de transmettre mes connaissances.

Le cours se termine à 10 heures, et je consacre les deux heures qui suivent à me détendre.

À 11h45, nous sommes invités à manger chez un couple de Français, qui sont venus avec l’association Fidesco. Tous les Français de la communauté sont invités. J’avoue que c’est très agréable de retrouver quelques Français ici, et de partager quelques minutes avec eux, pour échanger sur nos expériences à Madagascar.

Malheureusement, nous ne pouvons pas passer toute notre après-midi ici, nous avons des choses à préparer pour le repas du soir. Aussi, aux alentours de 16 heures, il nous faut partir. Mais je garderai longtemps un souvenir très agréable de l’accueil de ce jeune couple de Français.

La journée touche à sa fin, et le soleil s’efface progressivement derrière l’horizon lorsque j’écris ces quelques lignes. J’éprouve, comme très souvent, le désir de vous faire partager ce que je vois depuis la fenêtre de ma chambre lorsque j’écris les articles pour mon blog. Alors, je vous laisse apprécier la vue.

Dimanche 16 juin 2019 :

Quel plaisir, ce dimanche, d’aller me balader. Depuis plusieurs jours déjà, il est prévu que nous nous rendions au lac Tritriva (qui se prononce « Tchitchive »). C’est un lac situé dans le cratère d’un ancien volcan. La route est longue jusque-là, et elle est en très mauvais état. Si bien que les deux plus sportifs d’entre nous, qui ont décidé de venir en vélo, mettent pratiquement le même temps de trajet, alors que nous sommes venus en voiture.

Arrivées sur place, il nous faut négocier le prix d’entrée. Comme plusieurs d’entre nous sont des Vazah, ce n’est pas le même tarif. Mais grâce à l’aide d’Éric, un Malgache de la communauté, nous nous en tirons à un prix très raisonnable.

Pour voir le lac, un guide nous accompagne. Je me demande bien la raison de sa présence, car les explications qu’il donne sont vraiment très succinctes. Je pense qu’il est principalement là pour les touristes.

Arrivés en haut du cratère, nos yeux découvrent le lac en contrebas. Les abords du lac sont encerclés d’impressionnantes falaises surplombées d’une forêt de résineux. Tandis que l’eau du lac arbore de somptueux reflets Azur.

Il faut à peine trois quarts d’heure pour en faire le tour. Puis nous nous mettons à la recherche d’un endroit tranquille pour prendre notre repas. Après une petite marche, ce sera sur les hauteurs que nous nous implanterons pour prendre notre déjeuner. De là, nous avons une vue plongeante sur les plateaux environnants.

Le temps passe, il va être temps de partir. Nous faisons tout de même un dernier petit tour, cette fois-ci en montant sur la crête la plus élevée du volcan. Là-haut, on ne voit plus le cratère à cause de la pente du terrain. Mais on peut apprécier le paysage alentour.

Il est désormais temps de rentrer.

La voiture n’est pas bien loin, et y rentrer ne prend pas plus de 10 minutes. Mais le trajet du retour, bien que cette fois en descente, est presque aussi long que le trajet de l’aller.

J’ai très apprécié cette petite sortie, qui a beaucoup égayé ma journée. J’espère que j’aurai l’occasion de faire d’autres sorties de la sorte dans les prochains mois.

Chers amis, parents, parrains et marraines je ne sais pas ce que vous devenez en France, car je manque de vos nouvelles, mais je vous souhaite à tous tout le bonheur possible pour les prochaines semaines.

Dixième semaine à Madagascar

Lundi 3 juin 2019 :

Je crois que j’ai commis une erreur ce week-end. En effet, comme j’avais un peu de temps libre, j’en ai profité pour lire un certain nombre d’articles scientifiques sur divers sujets qui m’ont toujours intéressé. Or, ces articles étaient fort sujets à controverse. Depuis lors, mon esprit tourne dans tous les sens pour déterminer qui a raison. Cette discussion intérieure me met de très mauvaise humeur. J’éprouve de grandes difficultés à lâcher prise et à trouver le sommeil. Ainsi, n’en pouvant plus de rester au lit, je me lève et fais des recherches sur mon ordinateur. Il est à peine cinq heures du matin. Je n’aurai pas eu ma dose de sommeil quotidienne.

À six heures, je m’occupe du petit-déjeuner des étudiants. Puis, une fois l’office terminé, j’accompagne Jackson et Éric pour faire les courses au marché. Nous en avons pour une bonne partie de matinée, et, cela étant fait, nous nous en retournons à la communauté. Pour ma part, je profite de ce que nous passons à proximité d’un coiffeur, pour m’y arrêter. J’ai grandement besoin d’une coupe. Je suis heureux que Jackson soit présent, car il va pouvoir m’aider à exprimer mon besoin au coiffeur. Mais à peine suis-je entré dans le salon de coiffure, que le propriétaire m’adresse la parole en français. Il parle assez bien notre langue, et je me rends compte que je n’aurai pas besoin d’interprète.

En à peine 10 minutes, tout est terminé. Ici, on fait rarement un shampooing. Une simple coupe suffit.

Cela étant fait, nous nous en retournons à la communauté pour avoir notre messe, et notre repas.

L’après-midi venant, je retourne aux Terreaux de l’espoir. Claire et Francisco m’accueillent avec la même joie que d’habitude. Aujourd’hui, je n’ai pas à travailler à la serre, mais avec Francisco nous discutons durant plusieurs heures. Nous échangeons pour savoir comment installer les abreuvoirs pour vaches, lorsque nous les aurons reçus. J’en profite pour mettre une petite photo des cinq locataires dont nous souhaitons arranger la chambre.

Cela étant, nous étudions aussi la possibilité d’installer un étendoir à linge au plafond sous le préau. Actuellement, ce dernier est occupé par des étendoirs classiques. En conséquence, les linges suspendent pratiquement jusqu’au sol, et empêchent les enfants de jouer. Nous en discutons, et faisons plusieurs propositions de plans sur le papier. Il ne s’agira pas d’étendoirs classiques, ils ne sont pas assez grands pour les besoins de l’orphelinat.

Les heures s’écoulent, et il est bientôt temps de partir. Je dis au revoir à Francisco, et rentre à la communauté du chemin neuf.

Et lorsque le soir arrive enfin, je m’écroule de fatigue sur mon lit.

Mardi 4 juin 2019 :

J’ai perdu l’habitude d’écrire au jour le jour. Et à l’heure où j’écris mes souvenirs, de ce mardi 4 juin, nous sommes déjà le jeudi 6. J’aimerais vous raconter cette journée, comme je vous raconte chaque autre. Mais je dois me rendre à l’évidence, les souvenirs fuient mon esprit. Je ne sais plus ce que j’ai fait ce jour. D’habitude, je n’éprouve aucune difficulté à me rappeler mes activités sur les trois derniers jours. Mais aujourd’hui, ma mémoire ressemble à une grosse purée de nuages. Il me semble que le matin j’ai fait quelque chose d’important. Mais je n’arrive plus à me rappeler quoi. J’ai beau me souvenir que nous avions DESERT, ce matin-là, rien d’autre ne me vient à l’esprit.

Après tout, peut-être n’ai-je rien fait d’important ce jour-là. Il y a des journées, ici, où je n’ai vraiment pas l’impression d’être utile. J’essaie généralement de me rassurer. Au moins, je découvre ce que c’est que de vivre avec ce peuple. Mais enfin… il y a quelquefois où je me demande qu’est-ce que je leur apporte ?

Je suis ingénieur, mais ici cela ne sert pas à grand-chose. Ils auraient plus besoin d’un technicien, ou mieux encore, d’un mécanicien. Il y a toujours des choses à réparer, toujours des choses à faire. J’aimerais vous donner une petite idée de la qualité du matériel que l’on peut trouver à Madagascar. Si dans certains domaines on trouve tout ce que l’on veut, dans d’autres cela est beaucoup plus difficile. Je vous donnerai bien un petit exemple : « Je faisais des recherches sur Internet, dans l’espoir de trouver quelques machines à des prix abordables pour remplacer la pompe qui a été volée chez Francisco et Claire. Ce faisant, je suis tombé sur un site malgache comparable au Le Bon Coin. Il y avait bien une pompe en vente, mais ce modèle ne m’intéressait pas. Elle était équipée d’un moteur électrique, mais était beaucoup trop grosse et trop puissante pour nos besoins. Mais tout de même, le vendeur n’avait peur de rien. Il écrivait, tout simplement : groupe motopompe 50 ans très bon état. » Et moi je relisais : 50 ans très bon état… j’ai passé les six dernières années de ma vie dans la conception de moteurs électriques, et je peux vous dire qu’après 50 ans de bons et loyaux services ils ne sont pas en bon état…

Enfin bon, il y a des jours comme cela où je me demande pourquoi je suis venu ici. Mais les questions sont très vite remplacées par les nécessités du jour. Je n’ai pas vraiment le temps de me demander si je suis à ma place. Il y a tellement à faire. Peu importe que cela soit important ou non, peu importe que je fasse réellement usage de mes compétences d’ingénieur ou pas. Du moment que je suis avec eux et que je les sers de mon mieux.

Mercredi 5 juin 2019 :

Aujourd’hui, je vais à l’ESSVA. Je vais donner un Cours aux élèves de deuxième année de la filière électromécanique. Mais avant cela, je prends le temps de relire mon PowerPoint, et grand bien m’en a pris. En effet, ma relecture me permet de trouver quelques erreurs de frappe qui s’étaient glissées dans mes nombreux slides. Je continue ma vérification, mais après une petite heure il est urgent de partir pour l’université.

À neuf heures, j’ai rendez-vous avec Monsieur Romi. Ce dernier est le responsable de la matière dans laquelle j’enseigne. Je suis très heureux de le rencontrer pour la première fois, qui sera peut-être la dernière. Nous discutons de l’enseignement que je donne aux élèves, et de notre objectif de cours. J’apprends avec stupeur que l’année est déjà finie pour la classe à laquelle j’enseigne. Aussi, les cours que je leur donne relèvent plus du soutien scolaire que d’autres choses. Je suis surpris de ne l’apprendre que maintenant. J’aurais souhaité qu’on me le dise plus tôt. En conséquence, je vais aborder mes cours sous un angle différent. Je vais leur demander de quoi ils ont besoin pour les examens. Ils sont surement les mieux placés pour me parler de leurs faiblesses.

Après un petit quart d’heure de discussion, je salue Monsieur Romi, et le laisse retourner à son cours. Je suis très content de l’avoir rencontré. Il m’a donné une idée pour le cours de la semaine prochaine, mais je ne sais pas encore si je la mettrai en pratique. Quoi qu’il en soit, j’ai cours avec les élèves à 10 heures, et il n’est que 9h30. Je vais devoir attendre jusque-là.

Les élèves sont tous au rendez-vous à l’heure dite. Enfin… plus ou moins. Comme il ne s’agit plus vraiment de cours obligatoires, les élèves ne se sentent pas toujours obligés d’arriver à l’heure prévue. Mais ce n’est pas bien grave. Je les prends comme ils arrivent.

Je ne sais pas tellement pourquoi, mais avant que le cours ne commence réellement, j’ai pris le temps de regarder le cahier d’un des élèves. Je me rends compte qu’il maîtrise très bien toutes les notions du cours que je suis censé leur faire aujourd’hui. J’en discute rapidement avec eux. Ils sont tous comme moi très surpris, et me font remarquer qu’ils ne ressentent pas le besoin d’avoir un cours complémentaire sur le sujet. Mais ils aimeraient beaucoup que nous continuons ensemble les calculs de durée de vie de roulement que nous avions initiés à la précédente séance. Alors, je change mon fusil d’épaule. Je retourne à mon dernier cours, et leur fais faire des exercices de calcul de durée de vie de roulement. Heureusement que j’avais prévu des exercices supplémentaires que nous n’avions pas eu le temps de faire la dernière fois.

Après deux heures de cours, il est temps de dire au revoir aux élèves. Ceux-ci semblent assez heureux de l’enseignement d’aujourd’hui. Ils ont plus participé que d’habitude. J’en suis ravi.

De retour à la communauté, je prends mon repas. Il n’y a pas de temps à perdre, car dès 14 heures nous accueillons les élèves pour le soutien scolaire. Malheureusement, aujourd’hui encore, nous ne sommes pas très nombreux. Il n’y a pas assez d’élèves pour que nous fassions cours. Il faudrait réunir plus de quatre classes ensemble. Alors, à la place, nous préparons diverses activités pour les encadrer. Moi, je ne me sens pas très utile ici. Alors je descends et demande à sœur Adrienne s’il y a quelque chose à faire d’utile à la maison. Elle me dit que je peux commencer à préparer les carottes pour le repas du soir. Je m’attelle à la tâche avec plaisir. Cela me fait du bien de refaire un peu de travail manuel. Il y a vraiment beaucoup de carottes à éplucher, et je n’ai pas trop de trois heures de travail pour en venir à bout. Heureusement que je me suis porté volontaire pour cela, sans quoi nous n’aurions probablement pas eu beaucoup de carottes à manger ce soir. Car elles n’auraient pas été coupées à temps.

La journée se termine tranquillement, j’ai vraiment besoin de repos. Je ne sais pas pourquoi, mais je me sens vraiment très fatigué ces jours-ci. J’espère que l’avenir me permettra de comprendre l’origine de cet épuisement.

Jeudi 6 juin 2019 :

Le téléphone sonne avec insistance ce matin. Il a la même mélodie que chaque jour. Cette mélodie qui était si belle lorsque je l’ai choisie et qui m’est désormais devenue si désagréable. Car aujourd’hui, la fatigue m’écrase. J’ai encore très mal dormi, et je déploie beaucoup d’effort pour éteindre mon téléphone portable. C’est la première fois que je mets autant de temps à me lever.

Quoi qu’il en soit, je suis enfin debout. Je me lave et m’habille. Je descends à la salle commune pour prendre mon petit déjeuner et suis l’office avec attention. Après cela, il est temps de partir pour l’orphelinat des Terreaux de l’espoir. Il n’y a pas de temps à perdre, alors dès huit heures je suis déjà en route. Arrivé sur place, je cherche Claire et Francisco. Mais Francisco n’est pas présent, et Claire n’est pas disponible. Ce n’est pas bien grave, je sais ce qu’il me reste à faire. Je vais voir Narindra, le responsable de l’exploitation, et lui demande de me donner du travail pour la matinée.

Narindra m’emmène à la serre. Comme à notre habitude. Là, je découvre une autre étape de la culture des tomates sous serre. Nous sommes à l’étape où nous coupons les anciens pieds, avant de préparer la terre pour une nouvelle génération. Mais avant cela, je ramasse les tomates qui restent sur les plants. Puis, je dégrafe les bagues, qui tiennent les pieds de tomates debout. Ces derniers sont suspendus par des fils accrochés au plafond. Il reste encore à démêler ces fameux fils des pieds de tomates. Ceux-ci se sont emmêlés lors de leur croissance. Cette opération est particulièrement longue. Aussi, j’y consacre toute la matinée, et suis heureux de voir le travail accompli une fois midi arrivé. Oh… tout n’est pas fini. Mais je suis déjà satisfait de ce que j’ai pu faire ce matin. Pour moi, c’est tout ce qui compte aujourd’hui, car il me faut partir. Comme il faut bien que quelqu’un soit conscient de mon départ, et comme claire n’est pas disponible je salue Narindra après lui avoir décrit le travail accompli.

De retour au chemin neuf, je prends mon repas avec tout le monde. Mais je n’ai pas la tête à cela, je suis vraiment éreinté. J’ai failli faire un malaise en travaillant à la serre. J’ai des problèmes de circulations sanguines dans les jambes, et la fatigue n’y a rien arrangé. À la fin de mon service, chaque fois que je me levais j’étais à deux doigts de perdre l’équilibre.

Alors, mort de fatigue à mon retour, je m’allonge sur mon lit et profite de quelques heures de repos.

Je consacre l’après-midi à préparer mon cours de la semaine prochaine pour les étudiants de l’ESSVA. J’espère qu’ils en seront satisfaits. J’espère surtout que cela sera utile pour leurs examens de fin d’année.

Vendredi 7 juin 2019 :

Je n’ai que peu de temps, ce week-end, pour vous parler dans le détail du déroulement de mes journées. En effet, avec ce vendredi débute pour nous le week-end de la Pentecôte. C’est un temps très important pour notre communauté. Nous allons accueillir plus d’une centaine de personnes et nous avons, en conséquence, beaucoup de travail. Alors, je vous prie de m’excuser de la brièveté de mes propos.

Ce vendredi 7 juin, nous avons consacré la journée au ménage, à la cuisine, et à la préparation des différents dortoirs pour le rassemblement de la communauté en ce week-end de Pentecôte.

Alors que nous étions en plein repas, vers 13 heures, sont arrivés les premiers invités pour le week-end. Et avec eux, une nouvelle JET, Priscille a fait son arrivée. Elle est là pour trois mois, et retournera, probablement, en même temps que moi en France. Nous les accueillons tous avec joie et bienveillance. Mais bientôt, nous devons nous remettre au travail.

À 16 heures sont arrivés 10 Français. Ils viennent chaque année pour aider les associations des environs. Ce sont tous des étudiants en médecine.

Le travail se poursuit jusqu’au soir. Aucun événement particulier n’est venu perturber cette journée, en dehors des deux dont je vous ai parlé plus haut.

C’est toujours très riche humainement de faire de nouvelles rencontres. C’est quelque chose que j’apprécie particulièrement dans la communauté, car nous avons la chance d’accueillir de nombreuses personnes de passage.

Samedi 8 juin 2019 :

Bien que ce soit le week-end de Pentecôte, cela ne nous dispense pas de donner du soutien scolaire aux élèves. Alors, à 7h45, tout est prêt. Nous accueillons les élèves, comme à notre habitude, par des chants et des danses, pour les mettre en bonne condition pour l’enseignement.

J’ai, comme à mon habitude, la classe de cinquième. Mais aujourd’hui, après quelques discussions avec mes camarades, j’ai décidé de changer de méthode. J’enseigne toujours le français, mais un peu différemment. Je leur donne des phrases à trous, où il leur est demandé de compléter la fin des verbes. Cela me permet de pratiquer la conjugaison en plein contexte. Au passage, j’en profite pour leur expliquer les mots de vocabulaire qu’ils ne comprennent pas. Et si trop d’élèves n’arrivent pas à conjuguer un verbe, alors j’en profite pour donner un enseignement complet sur sa conjugaison. Le résultat : le cours est bien plus vivant, les élèves participent, je pratique le vocabulaire et la grammaire. Et moi-même, je suis, pour la première fois, très content du cours que j’ai donné.

Je tiens à préciser que j’ai trouvé cet exercice, dans les feuilles de cours que m’a données mon oncle Christian (si tu me lis, très cher oncle, sache que je tiens à te remercier énormément pour cela).

À 10 heures, les participants au week-end commencent à arriver. Ils viennent très souvent en famille et amènent leurs enfants avec eux. Alors, il faut bien du monde pour s’en occuper. Les autres jeunes de la communauté et moi sommes chargés de les encadrer. Mais au début de l’après-midi, je ne suis vraiment pas en état. J’ai besoin de repos et vais m’allonger dans ma chambre. Les autres m’excusent bien volontiers, ils me disent de revenir lorsque je serai en meilleure forme.

Ce n’est finalement qu’à l’heure du goûter que je redescendrai pour aider mes camarades. Nous continuons ainsi jusqu’à l’heure du repas.

Après ce dernier, nous sont proposées diverses activités pour la soirée. Mais moi, j’ai encore besoin de dormir. Alors ce soir, je retourne à mon lit pour y chercher le repos.

Dimanche 9 juin 2019 :

Aujourd’hui, c’est la Pentecôte. L’Esprit Saint est descendu sur les apôtres, et nous fêtons ce jour avec beaucoup de joie. Dès le matin, tout le monde est au travail. Certains installent l’estrade pour la messe de ce midi, qui se tiendra à l’extérieur, faute de place dans la grande chapelle, tandis que d’autres s’occupent des décorations. Pour ma part, je fais partie de ce deuxième groupe. Nous nous activons, et installons les ballons et les banderoles tout autour de la grande place. Dans peu de temps, débutera l’enseignement du père Blaise. Il faut que tout soit prêt à temps. Moi-même, j’aurais bien aimé assister à cet enseignement. Mais je suis pressé par d’autres activités plus urgentes. J’ai du retard dans la rédaction de mon blog, et j’aimerais continuer à préparer le cours pour les étudiants de l’ESSVA. Alors, il n’y aura pas d’enseignement pour moi aujourd’hui.

Au moment où j’arrête mes activités, l’enseignement du père Blaise se termine. Nous avons eu une perte de courant sur une partie de la matinée, mais tout est revenu dans l’ordre. Sauf dans la grande salle commune, là où précisément le père Blaise a donné son enseignement. L’absence de courant électrique a rendu le micro inutilisable. Je m’inquiète des causes de cette perte de courant et, après une brève enquête, je me rends compte que le disjoncteur de la salle commune est hors service. Nous en discutons avec le père Blaise, et nous décidons de connecter des rallonges entre deux bâtiments pour avoir de l’électricité. Nous y passons plus d’une demi-heure, et terminons juste à temps pour le début du groupe de prières.

Les heures s’écoulent et le repas arrive. Puis nous continuons avec la messe à 14 heures. Cette dernière, tout particulièrement belle, ne prendra fin qu’à 16h15.

Après tout ce temps passé ensemble, il nous faut nous dire au revoir et ranger tout le matériel. Une heure durant, nous nous activons de notre mieux pour mettre tout en ordre. J’éprouve énormément de joie à voir tout le monde se mettre à l’ouvrage et participer. Si seuls les encadrants avaient donné un coup de main, nous aurions eu beaucoup de mal à accueillir tout ce monde.

La soirée arrive, et pour la première fois depuis des semaines je vais passer une soirée à l’extérieur avec les étudiants et les autres jeunes JETs. Nous marchons jusqu’au centre-ville, et nous arrêtons dans un bar, pour profiter d’une bonne bière. La THB est la principale bière de Madagascar. Elle est fabriquée à Antsirabe par l’entreprise Star. Elle ne coûte pas très cher de notre point de vue, mais c’est assez conséquent pour les revenus locaux. Elle est assez bonne avec un arrière-goût de fumée. Tous les Français sont d’accord pour dire que c’est une bière de qualité. Mais pour ma part, je ne suis pas un grand amateur de bière. C’est surtout pour le plaisir d’être ensemble que je suis heureux d’être là, parmi mes frères et sœurs en humanité.

La soirée se termine dans la joie. Et nous rentrons tous à la communauté pour profiter d’une bonne nuit de sommeil.