Lundi 27 mai 2019 :
Aujourd’hui, c’est le jour des élections à Madagascar. Le peuple se rassemble pour élire ses députés. Depuis plusieurs semaines déjà, nous entendons la propagande politique partout dans les rues. Vous êtes peut-être surpris de me voir parler de propagande. Mais ici, c’est le mot officiel. Les partis font leur propagande, pour être élus. Pour ceux qui ne le savent pas, le terme propagande était autrefois employé en France pour désigner ce que nous appelons aujourd’hui la communication. C’est après la Seconde Guerre mondiale, et l’usage qu’en ont fait les dictateurs européens, qu’il a pris une connotation péjorative.
Du fait des élections, la journée est fériée. Aussi, les enfants de l’orphelinat des Terreaux de l’espoir ne sont pas à l’école. Sachant cela, depuis une semaine, j’ai décidé de passer la journée entière avec eux.
Arrivant à l’orphelinat, je trouve les enfants affairés à différentes tâches pour les occuper. Certains font la cuisine, d’autres s’occupent de ranger du bois et d’autres encore font le ménage. Je discute brièvement avec l’équipe d’encadrement. Il se trouve qu’ils profitent de cette matinée pour clarifier nombre de points avec Claire et Francisco. Ils sont très heureux que je sois là de très bonne heure, car je vais pouvoir encadrer les enfants, le temps qu’ils aient fini.
J’accepte avec joie, et commence par m’occuper des enfants qui ramassent le bois. Il y a à peu près 5 ou 6 m³ de bois à rentrer sous le hangar. Mon aide ne sera pas de trop, car nombre d’entre eux sont très jeunes. Mais pour l’instant, ils n’ont pas encore vraiment commencé à ranger le bois. Ils profitent du beau temps, pour danser et chanter un peu avant de se mettre réellement à l’ouvrage. Je me présente rapidement, ils ne me connaissent pas encore. Certains d’entre eux m’ont déjà croisé, mais la plupart ne savent pas pourquoi je suis là. Je leur explique la raison de ma présence, et les assure que je vais les aider pour ramasser le bois. Ils semblent tous ravis. Alors, je commence par donner l’exemple en me mettant immédiatement au travail. Au début, tous les enfants ne travaillent pas. Mais après 10 bonnes minutes, personne ne reste à rien faire. Nous sommes une quinzaine, et le travail va assez vite. En moins de 45 minutes, nous venons à bout du tas de bois.

Cette opération terminée, je m’occupe d’aider les enfants qui sont à la cuisine. Une des animatrices s’est libérée pour s’occuper des plus jeunes enfants qui aidaient pour ranger le bois. Je fais de mon mieux pour travailler le plus vite possible, et permettre aux enfants d’aller jouer un peu. Je ne suis pas encore très à l’aise, je ne les connais pratiquement pas. J’essaie d’échanger quelques mots avec ceux présents à la découpe des tomates. Mais eux non plus ne sont pas très à l’aise avec moi. Ils parlent entre eux en malgache, et ne m’adressent pas la parole. Ce n’est pas bien grave, il faut laisser du temps pour que la confiance s’installe. Nous travaillons avec ardeur, et en moins d’une heure la cuisine est terminée. Tous les enfants peuvent désormais aller jouer.
Jusqu’à midi, je reste à observer que tout se passe bien. J’ai l’impression d’être surveillant à l’école. Bien qu’ici, tous les enfants ne sont pas rassemblés dans la même cour. Ils vagabondent à droite et à gauche, tout autour de l’orphelinat, et s’amusent entre eux. Je suis étonné de voir à quel point les enfants peuvent imaginer des jeux assez idiots, et potentiellement dangereux. Il faut les garder à l’œil pour qu’ils ne fassent pas de bêtise.
Le repas arrive, et je le partage avec tout le monde. La salle à manger n’est pas bien grande, et il y a beaucoup de bruit ici. Quelques souvenirs me reviennent doucement. Tout cela me rappelle le temps passé à la cantine à l’école. Là aussi, il y avait beaucoup de bruit, mais il y avait bien plus d’enfants. Ici non plus les enfants ne sont pas toujours calmes, mais je me souviens combien j’étais comme eux.
L’après-midi est plus simple, les enfants répètent le spectacle qu’ils ont prévu pour la kermesse de l’école. Cette dernière aura lieu ce samedi. Malheureusement, je ne pense pas être présent. J’aurais probablement beaucoup d’autres choses à faire. Quoi qu’il en soit, je peux admirer leur adresse, et leur dextérité. Certains dansent avec des cerceaux ou des bâtons, d’autres jonglent avec des balles, des boîtes, des cercles ou d’autres objets plus exotiques encore. Tout cela est très beau, et je pense qu’ils auront beaucoup de succès.
Moi, je surveille qu’un accident n’arrive pas. À plusieurs reprises, j’interviens sur de petits bobos sans grande importance. Mais j’interviens toujours prestement. Il ne faut pas prendre de risque. Et les petits ont si vite fait de se faire mal.
Il est presque l’heure du départ, et l’équipe d’animations et moi avons une petite idée. Je souhaite parler aux plus âgés d’entre eux de leur avenir. Ils vont bientôt commencer la vie active, et n’ont jamais tellement réfléchi à ce qu’ils voulaient faire, ou plus simplement à ce qu’ils pouvaient faire. Ils se mettent beaucoup de barrières, qui n’ont pas de raison d’être. Aussi, en leur donnant des exemples j’arrive petit à petit à leur faire comprendre qu’ils peuvent faire plus que ce qu’ils imaginent. Ils se voient souvent faire des métiers qu’ils ont déjà vu faire par des personnes de leur entourage. Mais c’est trop peu. Il faut qu’ils voient plus grand, plus loin. Ici, ils ont la possibilité de faire des études. Mais trop peu cherchent à en bénéficier.
Ils me remercient de cette intervention et de mon partage. Je crois que j’en ai touché plusieurs, c’est déjà ça. Mais d’ici quelques mois, il faudra sûrement que j’en reparle avec eux. Le temps efface souvent ce genre de souvenirs, si l’on n’insiste pas.
Mardi 28 mai 2019 :
Ce matin, je suis assez stressé. De 10 heures à 12 heures, je vais donner mon deuxième cours à l’université. J’ai beau être prêt, et savoir que je vais enseigner quelque chose que je maîtrise parfaitement, j’ai peur que mon cours soit mal compris par mes élèves. Mais de toute façon, stressé ou pas, il me faut enseigner.
Après l’office du matin, je profite du peu de temps que j’ai pour relire mon cours. Je suis surpris de trouver quelques fautes, et prends le temps de les corriger. Je travaille, et ne vois pas le temps passer. Heureusement, à 9h35, j’ai le sursaut d’esprit de regarder l’heure. Il est temps de partir. Je ferme mon ordinateur en quatrième vitesse, et descends les escaliers. Je salue mes camarades, et les préviens que je pars pour l’université. Après cinq minutes de marche, arrivé là-bas, je me mets en quête d’un câble HDMI. Je n’en ai pas, et il m’en faut impérativement un pour me connecter au rétroprojecteur. Ce n’est pas chose aisée, je vais d’un bureau à l’autre, rencontrant plusieurs professeurs, pour finir par revenir à l’intendance, ou l’on m’en donne enfin un. En fait, il n’y a qu’un seul câble HDMI dans toute l’université. Maintenant, je vais pouvoir débuter mon cours.
À mes élèves, j’enseigne les calculs de durée de vie de roulement. Ils buttent un peu sur les mathématiques. Je n’ai pas mis assez d’accent sur les exercices, et trop sur la théorie. Il faudra que je corrige cela, pour mon prochain enseignement.
Quoi qu’il en soit, le cours se passe bien. Mais, m’étant rendu compte des faiblesses de ce dernier, je demande au directeur de l’université si l’on peut reporter mon enseignement de demain à la semaine prochaine. Celui-ci accepte sans difficulté. Il est déjà très content de me voir donner des leçons.
À mon retour à la maison, je prends mon repas. On me questionne, rapidement, pour savoir si mon enseignement s’est bien déroulé. J’explique la situation, et ils semblent contents pour moi.
Heureusement pour moi, cet après-midi sera plus calme. Je vais faire de la cuisine et du ménage. Cela me reposera un peu, je suis très épuisé depuis ce week-end. Je pense que je m’inquiète trop, et n’arrive pas à lâcher prise. Peut-être que je ne prie pas assez.
Le soir arrive, et c’est avec plaisir que je retrouve la soirée de prière. Cette ambiance festive, où chacun chante et danse, repose profondément mon âme.
À ce temps de louange, suis le temps du repas. Et à ce dernier suit le temps du repos.
Mercredi 29 mai 2019 :
Nouveau jour, nouveau défi. Aujourd’hui, je suis chargé de régler les problèmes liés à la connexion Internet de la communauté. Nous avons récemment changé le routeur installé dans le foyer des étudiants, et il nous faut le configurer. Laure-Elise me fait très gentiment faire le tour de l’installation informatique. Il y a beaucoup de choses à retenir, aussi je prends des notes. Mais ce qu’elle me demande ne me semble pas au-dessus de mes capacités. À vrai dire, je pense même que ce sera assez simple. La configuration du routeur ne devrait pas prendre 10 minutes.
Aussi, c’est plein de confiance que je me rends, avec mon ordinateur, dans la salle informatique du foyer. J’essaie de me connecter au réseau, pour configurer le routeur, mais rien ne fonctionne. La connexion ne veut pas s’établir. Il me faudra près d’une heure, et avoir vérifié toute l’installation du réseau, pour enfin arriver à me connecter. Il y avait probablement un faux contact quelque part.
Ainsi, je peux enfin me connecter au routeur, mais là encore, je rencontre des difficultés. Il m’est impossible d’accéder au programme de configuration du routeur. Je ne vais pas entrer dans les détails, quelque peu techniques de cette fin de matinée, mais je n’arriverai finalement à configurer le routeur qu’à l’heure du repas. J’avoue que je me suis énervé une ou deux fois. L’informatique, malheureusement, cela énerve assez souvent. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi la solution est aussi compliquée. Quoi qu’il en soit, le mot de passe doit être changé tous les mois, et compte tenu de la complexité de la manœuvre il ne sera pas possible au communautaire de l’effectuer. Il va falloir que je trouve une solution.
Nous prenons le repas de midi en vitesse, car nous accueillons les élèves du soutien scolaire cet après-midi. Cette semaine est un peu spéciale, l’une des écoles n’est pas présente. Alors, nous passons l’après-midi à faire de l’évangélisation en leur faisant regarder un film en français.
Jeudi 30 mai 2019 :
Aujourd’hui rien. Enfin… presque rien. Je m’étais promis de ne pas commencer un article sur ma journée ainsi, mais je dois bien me rendre à l’évidence, je n’ai presque rien fait aujourd’hui. Oh… il y a bien eu ce repas au restaurant, ce midi, où nous avons fêté l’anniversaire de Blaise. D’ailleurs, ce dernier s’en va ce soir pour Tananarive avec sœur Laure-Elise. Nous serons sans prêtre pour les trois prochains jours.

Quant au repas, il fut délicieux. Pour ma part, j’avais pris du canard à la malgache. Je dois reconnaître que j’ai beaucoup apprécié ce plat. Mais pour en revenir à ce qui me préoccupe aujourd’hui, oui je n’ai rien fait. Comme nous sommes aujourd’hui le jour de l’Ascension, nous n’avions rien de réellement prévu. Pas même de service pour la maison. Aussi, j’en ai profité pour me distraire en lisant la majeure partie de la journée.
Mais, le soir arrivant, j’ai éprouvé une grande tristesse. Je viens de me rendre compte que dans le fond, je n’ai rien fait de ma journée. J’ai l’impression d’avoir passé une journée de vanité. Comme il m’arrivait souvent d’en passer à Nancy, quand j’étais seul dans mon appartement. Cela me fait prendre conscience, combien il m’est important de me sentir utile. Et que même dans les petites choses du quotidien, alors que je n’ai pas vraiment l’impression de faire grand-chose, je fais tout de même infiniment plus que lorsque je ne pense qu’à moi durant toute la journée.
Le soir arrive, il est temps de se coucher. J’espère que je retiendrai la leçon, et que je n’irai plus me coucher en ayant un tel sentiment d’inutilité.
Vendredi 31 mai 2019 :
Pas question de flemmarder aujourd’hui. Ce matin, bien qu’étonnamment fatigué, je me lève avec entrain. Je descends, prends mon petit-déjeuner en quatrième vitesse, et me rends à l’office. Je suis très heureux de pouvoir prier ce matin, mais je ne me sens vraiment pas très bien. Je ne comprends pas pourquoi je suis si fatigué. Lorsque je sors de l’office, je ressens l’appel impérieux de mes intestins. Je cours aux w.c., et m’exécute en un temps record. De toute évidence, j’ai la diarrhée.
Bien que n’allant pas très bien, je décide tout de même de me rendre aux Terreaux de l’espoir. Je n’y suis pas allé hier, parce que nous fêtions l’anniversaire de Blaise. Mais, il n’est pas question de me défiler aujourd’hui. Aussi, je prends mes affaires, et m’en vais d’un pas décidé vers l’arrêt de bus le plus proche.
Le trajet se passe bien. Mais mon ventre me fait toujours souffrir. À l’arrivée à l’orphelinat, je discute très brièvement avec Claire, et m’en vais immédiatement aux toilettes. Mes intestins se tordent dans tous les sens. C’est dans cet état, fort désagréable, que je travaille toute la matinée à la serre. Rien d’extraordinaire à faire ce matin dans cette dernière, mais tout de même un peu de travail utile. Le gros avantage avec le travail manuel, c’est qu’on a le vif sentiment d’avancer dans ce que l’on fait. Je ne peux vraiment pas dire que j’ai le même sentiment avec le travail intellectuel.
Mais les aléas de mon état m’empêchent de profiter pleinement du moment.
Je dis au revoir à Claire, et rentre à la communauté du chemin neuf. Il est 12h50, quand j’arrive enfin. Tout le monde est attablé, et mange avec plaisir. On me fait une place, et m’invite à m’asseoir. Je me force très légèrement à manger, je n’ai pas très faim dans les circonstances actuelles. Mais je veux prendre du riz, je pense que cela pourra m’aider à arrêter la diarrhée. Fort heureusement, je n’ai pas à me forcer beaucoup pour manger aujourd’hui. Le repas est vraiment délicieux.
Ce dernier se terminant, je vais me reposer dans ma chambre avant de prendre mon temps de service, pour l’après-midi.
Une heure passe, et il est temps de me lever. Je descends rejoindre tout le monde à la cuisine. Nous allons préparer des poissons frits pour ce soir. Je me mets à l’écaillage, et extirpe les tripes de ces poissons. Il est très important de procéder à cette opération si l’on ne veut pas avoir un goût étrange dans la bouche durant le repas.
La cuisine se termine assez vite, et il est temps de passer à la deuxième partie du service. Rock, Odon et moi allons arroser le jardin. Ce n’est pas une entreprise très compliquée, et un seul d’entre nous aurait suffi. Mais nous apprécions de passer du temps ensemble, et discutons bien volontiers, jusqu’à voir le soleil passer derrière les montagnes qui bordent l’horizon.
Samedi 1er juin 2019 :
Ce matin, je ne me sens vraiment pas très bien. Malgré le long repos dont j’ai profité, j’éprouve une grande fatigue à mon réveil. J’ai toujours ces coliques qui me travaillent les intestins. Je ne sais pas vraiment ce que je vais pouvoir faire aujourd’hui. Il y a soutien scolaire ce matin, et n’étant vraiment pas dans mon état, je demande à mes camarades de m’excuser. Je m’en retourne vers mon lit, et y passe la majeure partie de ce début de journée.
Quelques heures plus tard, me sentant un peu mieux, je descends et demande ce que je peux faire pour aider. Les enfants sont déjà partis, et l’on a bien besoin d’un peu de ménage. J’accepte avec joie, et aide à nettoyer les salles de classe. En moins d’une demi-heure, tout est en ordre. Tables et chaises sont à leur place, tandis que la poussière et les détritus ont déserté les lieux. Je n’aurais pas fait grand-chose ce matin, mais je suis tout de même content d’avoir été utile.
À midi, nous avons messe, suivie du repas. Ce dernier est savoureux. Le prêtre, un Vazah qui est resté avec nous pour ce midi, nous le fait remarquer. Il me dit que nous avons bien de la chance de manger aussi bien à la communauté. Je pense qu’il a raison, et après tout, je suis assez rarement conscient de ce que j’ai. Je juge toujours par comparaison, et il est bon de me rappeler qu’ailleurs d’autres n’ont pas ma chance.
Après le repas, je passe l’après-midi à me détendre. Non que je n’aie pas de travail, mais je me sens assez peu en état de l’accomplir. Mon ventre me travaille toujours. Je me demande si les médicaments que je prends sont les bons. J’en profite pour descendre à l’armoire à pharmacie, et regarder la notice. J’ouvre délicatement la boîte, et déplie le petit papier sur lequel sont écrites les prescriptions d’emploi : « pour lutter contre la constipation ». Je tremble intérieurement, fait des yeux énormes, et sens monter en moi une flopée de jurons tout contre moi-même. Je n’arrive pas à croire que je me sois trompé de médicaments. Comment ai-je pu être aussi bête ? J’étais tellement certain qu’il s’agissait du bon médicament, que je n’ai pas pris le temps de vérifier la notice. Enfin bon, à ces premiers sentiments négatifs, suit un rire très naturel. Il vaut mieux ne pas trop se prendre au sérieux, et faire preuve d’un peu d’humilité. Il me suffit de passer au bon médicament, et tout devrait rentrer dans l’ordre d’ici quelques jours.
Le soir arrive, et avec lui l’adoration, suivie du repas. J’y revois avec plaisir Laure-Elise et Blaise qui viennent de rentrer de leur séjour à Tananarive. Nous rigolons tous de ma mésaventure, et espérons que je récupère au plus vite.
Dimanche 2 juin 2019 :
À mon lever du lit, je suis agréablement surpris. Mon ventre a cessé de me travailler. Les médicaments de la veille ont dû faire leur effet. Il faudra tout même que je pense à en reprendre, pour être certain qu’il n’y ait pas de rechute.
Nous allons fêter, ce midi, les 10 ans de sacerdoce de Blaise. Il y aura beaucoup de monde. Aussi, il y a beaucoup de choses à préparer. Je m’attelle à la cuisine, coupe plusieurs kilos de tomates et autant d’oignons. Je prépare les tables, et les chaises dans la salle commune au rez-de-jardin. Rock, Clémence et Odon sont tous à travailler avec moi. Nous n’avons pas trop de toute la matinée pour préparer la fête. Mais à 11h30, nous sommes enfin prêts. C’est le cœur plein de joie que je m’en vais à la messe. Je suis satisfait du travail accompli, et suis certain que tout se passera bien.
La messe est très agréable, Blaise fait plusieurs blagues durant son homélie. Cela me fait beaucoup rire. C’est toujours agréable qu’un prêtre mette un peu d’humour dans son prêche. Dommage que ce soit si rare.
La messe sitôt finie, nous nous rassemblons tous pour partager notre repas. Les plats sont prêts à être dégustés. Après un petit discours de Francisco, pour honorer les 10 ans de sacerdoce de Blaise, nous passons à table. Nous commençons par un copieux apéritif. Celui-ci est accompagné de nombreux alcools qui sont, pour la plupart, nouveaux pour moi. Ici, on a l’habitude de consommer beaucoup d’alcools arrangés. J’essaie plusieurs d’entre eux, et les trouve tous très bons. Mais très vite, il me faut arrêter. Je sens déjà que j’ai la tête lourde. Je pense que je suis assez sensible à l’alcool. Il ne m’en faut pas beaucoup pour me donner envie de dormir. Mais j’ai toujours les idées claires.
Après ces amuse-gueules, nous passons au cœur du repas, et en profitons durant plus de deux heures.

À ce délicieux repas succèdent quelques danses. Mais pour ma part, je suis très fatigué. Mes intestins recommencent à me jouer des tours. Je pense que j’ai trop mangé. Alors, je retourne dans ma chambre, prends un peu de temps pour vous raconter ma journée, et me repose jusqu’au soir.
C’est sur cette superbe journée, cette merveilleuse fête, que se termine cette neuvième semaine à Madagascar. J’espère que vous ne vous lasser pas de me lire, car sachez que moi je ne me lasse pas de vous écrire.






