Sixième semaine à Madagascar

Lundi 6 mai 2019 :

M’étant très bien reposé ce week-end, je démarre cette semaine avec beaucoup d’entrain. Mais, me présentant pour prendre mon service du matin, la responsable de la maison me rétorque que je suis libre pour la matinée. Bien… ce n’était pas tout à fait ce que j’avais prévu. Mais quoi qu’il en soit, je ne vais pas rester sans rien faire. Alors, je mets à profit ce temps pour faire du ménage, des recherches sur Internet, et pratiquer le malgache.

La journée se poursuit normalement. À midi, nous avons la messe, suivie du repas.

L’après-midi, je vais aux Terreaux de l’espoir. Arrivé sur place, je rencontre des jeunes qui sont venus depuis la Réunion. Ils sont là pour faire un stage. Ils sont très sympathiques, mais je n’ai pas beaucoup de temps à leur consacrer pour l’instant. Il me faut voir Francisco pour savoir ce que je dois faire aujourd’hui. Après quelques minutes de recherche, je trouve Francisco chez lui. Il n’a pas encore mangé. Nous prenons le temps de discuter quelques minutes. Il n’y a pas beaucoup de travail aujourd’hui. Mais je peux tout de même aider à la serre. Il y a des tomates à ramasser, et le responsable de la serre est en vacances. Alors, je me mets à la tâche avec plaisir. Cela me fait beaucoup de bien de faire un peu de travail physique. Mais je suis surpris, c’est assez difficile de travailler dans une serre. Il y fait vraiment très chaud. Je ne bouge pas énormément, et pourtant je transpire comme si j’avais couru sur des kilomètres. Je ne suis pas seul à ramasser les tomates. Avec moi, il y a Narindra, le responsable de l’exploitation agricole. Il parle assez bien français, et tout en travaillant nous discutons. Il est vraiment très gentil avec moi. Il m’explique tout ce que je dois faire et comment le faire sans énoncer le moindre reproche quand je fais une erreur.

Au bout de quelques heures, nous en avons fini avec les tomates. Je retourne voir Francisco, qui est en train de récupérer le miel d’une des deux ruches de l’orphelinat. Il est vrai que j’avais oublié de vous en parler, il y a deux ruches ici. Elles servent principalement pour la consommation de l’orphelinat. Cependant, une partie du miel est tout de même vendue à l’extérieur. C’est la première fois que j’assiste à une récolte de miel. Il y a des abeilles partout. C’est assez impressionnant. La récupération du miel terminé Francisco m’en donne un peu à goûter. Il est délicieux. Je remercie chaleureusement Francisco et retourne voir les jeunes qui sont venus depuis la Réunion. Nous discutons un peu, et déjà le bus qui ramène les enfants de l’école arrive. Il est déjà six heures du soir. Je n’ai pas vu le temps passer cette après-midi. Il fait déjà presque nuit. Je salue Claire et Francisco, et profite du bus qui vient d’arriver pour rentrer en centre-ville.

Arrivé à la communauté, il est déjà l’heure du repas. Après ce dernier, nous devrions avoir un temps de FRAT. Mais pas cette semaine. Ce n’est pas bien grave, cette journée a déjà été bien remplie.

Mardi 7 mai 2019 :

Comme tous les mardis, nous avons DESERT ce matin. Je profite de ce temps pour prier et me reposer. Mais, ce matin, en plus du désert, j’ai rendez-vous à l’ESSVA pour savoir si je pourrai y donner des cours. Je m’y rends vers 9h30. Monsieur Nelson, le directeur de l’établissement, me reçoit très chaleureusement. Il me présente le directeur de la filière électromécanique. Nous discutons un petit quart d’heure, et à peine ai-je terminé de me présenter que l’on me propose de donner un cours. En fait, on me propose de commencer par un exposé. Vendredi matin, je donnerai mon premier enseignement à l’université. Mais je n’en connais pas encore le contenu. Ce dernier ne me sera donné que demain matin. Pour tout vous dire, je suis très inquiet. Je ne me sens pas très à l’aise à l’idée d’enseigner à l’université. Mais, comme je suis aussi ici pour affronter mes craintes, et prendre un peu plus confiance en moi, je me lance avec plaisir, et Dieu pourvoira.

Après cet entretien, je rentre à la communauté et profite des quelques heures qu’il me reste pour prier. Cela me fait beaucoup de bien de prier. J’en ai vraiment besoin ici. La misère de ce peuple pèse sur mon cœur. Alors, je trouve ma consolation dans mon Dieu.

Comme tous les mardis, le désert se termine avec un repas très simple : des nouilles chinoises. C’est chaque fois le même repas. Et pour tout vous dire, le mardi midi je ne mange pas à ma faim. Mais cela est très important pour le temps de DESERT.

Le DESERT se termine et l’après-midi commence. Aujourd’hui, je serai en cuisine. J’aime bien préparer le repas, mais c’est toujours très difficile de supporter la fumée du feu de bois. Je ne peux malheureusement pas y faire grand-chose. Il faudrait complètement refaire les cheminées. Et nous manquons d’argent pour faire ces travaux. Je prends mon mal en patience. J’essaie de relativiser. Il y a bien des personnes qui vivent cela tous les jours ici. Moi, ce n’est que de temps en temps.

La nuit est déjà tombée lorsque sonne 18 heures. C’est l’heure du groupe de prière du mardi. Nous nous rendons tous à la chapelle et chantons avec allégresse. Les chants ici, sont presque toujours accompagnés de danse. Cela me fait du bien, et je découvre une autre façon de prier.

Mercredi 8 mai 2019 :

Ce matin, je retourne à l’ESSVA pour prendre connaissance du contenu de l’exposé que je vais faire vendredi. Arrivé à l’université, monsieur Nelson me reçoit très chaleureusement. Il est assis à son bureau. Ce dernier ne fait pas plus d’un mètre de large. À bien y réfléchir, la pièce est très simple pour un directeur d’université. Monsieur Nelson n’a même pas la chance d’être seul dans son bureau. D’autres personnes travaillent dans la même pièce. Heureusement, c’est très silencieux. L’ambiance a l’air assez studieuse ici.

Le responsable de l’université m’offre une chaise et me propose de m’asseoir. Je ne suis pas fatigué, mais j’accepte bien volontiers. En quelques minutes, il m’explique ce qu’il attend de moi. Il s’agit de préparer un exposé sur les moteurs électriques. Il veut que je présente, aux élèves de deuxième année, le fonctionnement des moteurs électriques, leur montage, leurs différentes pièces, et que j’indique les différents types de problèmes que l’on peut rencontrer. Je suis aux anges. C’est tout à fait dans mes cordes. Mais, cela va me demander pas mal de temps pour préparer cet exposé. Je remets cette question à plus tard, et salue très aimablement monsieur Nelson.

De retour à la communauté, je prends mon temps de service. Je fais le ménage pour préparer les salles de classe pour cette après-midi. Puis, je vais au potager, où l’on a bien besoin d’aide pour retirer toutes les mauvaises herbes.

Midi sonne, c’est l’heure de la messe.

L’après-midi arrive, et avec elle débute le soutien scolaire. Aujourd’hui, encore une fois, j’ai les cinquièmes et sixièmes. Mais cette fois-ci, nous allons faire des mathématiques. C’est très différent du cours de français dont je commence à avoir l’habitude. Lorsque je donne des cours de français, il me suffit de faire quelques exercices, et comme ils sont à peu près tous du même niveau, ils finissent presque tous en même temps. Mais pour les mathématiques, les niveaux sont très variables. Les trois filles du premier rang n’ont aucune difficulté avec la géométrie, ou le calcul. J’ai beau leur donner des exercices, elles les finissent en quelques minutes. Alors, voyant qu’elles n’ont aucun problème en mathématique, je leur demande dans quelle matière elles ont des difficultés. Elles me répondent que c’est le français le plus dur. Alors, je leur donne des verbes à conjuguer. Pour les autres membres de la classe, les exercices de mathématiques sont beaucoup plus laborieux. J’ai commencé par quelques exercices de géométrie simple : Les angles de deux droites qui se coupent, la géométrie des triangles, et quelques calculs de fractions. La plupart font des erreurs. À chaque fois, il me faut expliquer longuement pour que les élèves comprennent. Cela exige beaucoup de concentration, car je dois passer en permanence d’un élève à un autre sans perdre le fil de mes explications. Heureusement, cela ne me dérange pas de me répéter. Mais très vite, voyant que certaines notions ne sont pas acquises pour l’ensemble de la classe, je donne des explications au tableau pour que tous apprennent.

Le soutien scolaire se poursuit ainsi durant deux heures. Je suis très content de ce cours de mathématiques, qui m’a permis de faire quelque chose de différent de ces cinq dernières semaines. J’ai pris beaucoup de plaisir à enseigner les mathématiques. J’ai toujours aimé cette matière, car elle suit des règles logiques et systémiques.

Il est cinq heures quand nous arrêtons les cours. Il me reste encore un peu de temps, alors je le mets à profit pour préparer mon exposé sur les moteurs électriques. Je n’ai aucun support de cours. Il faut que je m’en crée un. Je me rends vite compte que cela est beaucoup plus compliqué que prévu. Je vais avoir beaucoup à faire pour préparer ce cours.

Les heures passent et le repas arrive. Lorsqu’arrive le dessert, j’ai une petite surprise avec ma banane. Je vous laisse admirer.

Dès que le repas est terminé, je cours me remettre à l’ouvrage. Je prépare un PowerPoint pour les élèves. Il me faut trouver de nombreuses photos pour illustrer mes propos. Heureusement que je suis compétent pour parler des moteurs électriques. Je ne sais pas comment j’aurais fait pour me préparer si j’avais eu un sujet sur lequel j’étais moins compétent. Quoi qu’il en soit, je n’arrête de travailler qu’à 10 heures du soir. Malgré le temps que j’y ai consacré, il me reste encore beaucoup à faire pour que ce cours soit complet.

Jeudi 9 mai 2019 :

Comme chaque jeudi, je dois aller aux Terreaux de l’espoir. Ma mission m’y oblige. Mais, comme vous le savez sûrement, j’avais prévu de passer la journée entière à l’orphelinat. Cependant, j’ai vraiment trop à faire pour préparer mon cours de demain. Alors, cette après-midi, je rentrerai à la communauté du chemin neuf pour travailler mon exposé.

Les trajets en bus, que je prends pour aller aux terreaux de l’espoir, sont devenus une véritable routine. Mais aujourd’hui, j’ai une nouvelle petite surprise. Il y a, dans chaque minibus, 22 places. Mais, en rabattant les sièges complémentaires entre les rangées, on peut atteindre 27 places. Enfin… ça, c’est quand il y a des sièges rabattables. Mais aujourd’hui, je découvre qu’il n’est pas nécessaire qu’il y ait des sièges rabattables. Dans le minibus où je me trouve, on met des planches entre deux sièges pour que les passagers s’assoient dessus. J’ai la fesse droite qui repose à moitié sur une planche de bois durant la majeure partie de transport. Je ne me plains pas. Je vous assure qu’ici on apprend vraiment à ne pas se plaindre. La vie me paraît tellement dure pour les hommes et femmes, ici, que j’apprend à ne pas me plaindre.

Arrivé à l’orphelinat, je me mets au travail. Je vais à la serre et je taille les plants de tomates. Il faut les débarrasser des gousses superflues pour donner toute la force possible aux tomates. C’est un travail laborieux, et assez difficile pour le dos. Je passe la majeure partie de mon temps accroupi. Un employé de la ferme me demande s’il peut prendre une photo avec moi.

Après quelques heures, j’arrête mon travail avec de sérieuses douleurs dans les lombaires. Heureusement que je ne fais pas cela tous les jours. Il faudra, tout de même, que je prévois un peu plus de sport pour me préparer à ce type de travaux physiques.

De retour à la communauté, je peux assister à la messe. Demain, et les jours suivants, nous n’aurons pas de messe à la chapelle de la communauté. Père Blaise, retourne à Tananarive pour assister à une réunion des aumôniers de Madagascar. Il nous faudra faire sans lui.

L’après-midi, je la consacre tout entière à travailler mon exposé pour demain. J’espère que les élèves seront heureux de celui-ci. Je réalise à quel point un élève ne se rends pas compte du temps que peut passer un professeur à préparer son cours. C’est bien utile de prendre conscience de la difficulté du travail des autres.

À 19 heures, j’ai enfin terminé. Il me reste bien quelques corrections orthographiques à faire, mais rien qui ne peut attendre demain matin. Et heureusement, car ce soir nous avons groupe de prière pour le père Henri. C’est le prêtre qui s’est occupé de moi pour me faire venir à Madagascar. Je lui dois d’avoir reçu mon visa pour Madagascar récemment. Sans lui, je serai probablement toujours coincé en France. Père Henri est actuellement à l’hôpital, en France, entre la vie et la mort. Il n’arrive pas à se remettre de l’opération qu’il vient de subir. Alors, toute la communauté s’est réunie pour prier pour son prompt rétablissement.

Vendredi 10 mai 2019 :

Comme presque tous les jours, la journée débute par un office. Je chante avec beaucoup de joie. Les chants malgaches débordent d’allégresse. C’est un vrai plaisir de suivre les célébrations ici.

Après ce temps de prière, je prends mon petit-déjeuner. 1h30 sont nécessaires pour finir de préparer mon exposé. Ce n’est pas du luxe, il y a vraiment beaucoup de choses à corriger. Mais je suis assez content du résultat final.

À 9h30, je pars pour l’université. Mon exposé n’est qu’à 10 heures, mais je préfère être en avance. Et, j’ai bien raison. Il y a bien un projecteur dans la salle de cours, mais il n’y a pas de câble HDMI. Seul est présent un câble VGA, et je n’ai pas le port adapté sur mon ordinateur. Il nous faut bien 20 minutes pour trouver un câble HDMI à l’université. Mais étant arrivé très en avance, je peux, finalement, commencer le cours sans trop de retard.

L’enseignement se passe assez bien, mais les élèves ne me posent aucune question. Il est très difficile de les faire participer. Je me souviens qu’en France, c’était également assez dur de nous faire participer. Mais, je ne me souviens pas que c’était aussi difficile qu’ici. Alors, je m’inquiète. Serait-ce à cause de moi ? Mon cours est-il réellement intéressant ? Ces questions m’embrouillent la tête. Elles ne sont pas propices à améliorer le cours. Alors, je les remets à plus tard. Je me contente de faire de mon mieux, et espère que cela ira.

Ces deux heures ont filé à toute allure. Le temps passe beaucoup plus vite que ce à quoi je m’attendais. Mais, je suis très satisfait du résultat général du cours. Je suis tout particulièrement heureux de ma maîtrise du temps. L’exposé que j’avais préparé dure précisément deux heures. C’est toujours un exercice assez délicat de maîtriser son temps de parole.

Le cours se terminant, je demande aux élèves s’ils ont des questions. Ils n’en ont aucune. Je m’attendais tout même à en avoir quelques-unes. Je suis sûr que certains passages de mon cours n’étaient pas très clairs pour eux. Tant pis, on ne peut pas toujours avoir la satisfaction de recevoir des autres ce que l’on attend d’eux. À la sortie du cours, je prends le temps de saluer chaque élève individuellement. C’est important de leur montrer que je les respecte. J’aurais probablement l’occasion de leur donner d’autres enseignements.

Je rentre à la Communauté du Chemin Neuf. Il est l’heure du repas.

L’après-midi, je travaille à la cuisine. Rien de très extraordinaire, mais c’est bien la première fois que je prépare du poisson frit. Enfin… ce n’est pas moi qui vais le faire frire. Moi, je me contente de l’écailler et de l’évider. C’est Angela, qui est beaucoup plus compétente que moi, qui est chargée de faire frire les poissons. Elle s’y prend très bien. En moins d’une heure, tous les poissons sont cuits.

Le soir arrive, et à 18 heures nous avons adoration. Dès le début de l’adoration, sœur Laure-Elise vient nous annoncer que le père Henri est en train de vivre ses dernières heures. Plusieurs personnes se mettent à pleurer dans la salle. C’est la tristesse dans la communauté. Alors, nous accompagnons ce moment en prolongeant le temps de l’adoration jusque tard dans la soirée. C’est une façon, pour nous, d’être présent auprès du père Henri pour ses derniers instants parmi nous.

Pour moi, qui connaissais très peu le père Henri, la douleur est beaucoup moins grande. Je ne l’avais vu que trois ou quatre fois. Je suis bien obligé de reconnaître que je ne sens pas mon cœur particulièrement étreint à l’idée de son décès tout proche. Je crois fermement qu’il ira auprès de l’éternel et que nous nous reverrons un jour. Mais ce qui me retourne le cœur, c’est de voir toutes ces personnes si profondément affectées par la perte d’un être si cher. Pour beaucoup d’entre elles, le père Henri était comme un père. Alors, moi aussi je pleure. Je pleure sur la souffrance de mes frères et sœurs. Je pleure, parce que je vois combien ils l’aimaient. Je pleure, car les mots ne suffisent plus à exprimer ma peine.

Samedi 11 mai 2019 :

Normalement, nous devrions avoir soutien scolaire ce matin. Mais compte tenu des événements récents, plusieurs personnes ne sont pas en état d’assurer l’enseignement aux élèves. Alors, il n’y aura pas de soutien scolaire aujourd’hui. Comme il n’est pas possible de prévenir les élèves, nous les recevons et les rassemblons pour un temps de prière. Le soutien scolaire n’existerait pas sans le père Henri. Alors, nous pensons qu’il est bon que les élèves prennent un temps de recueillement. Et de plus, nous ne pouvons pas simplement les renvoyer chez eux en leur fermant la porte au nez.

À 11 heures, nous avons la messe. Il n’a pas fallu bien longtemps pour trouver un prêtre remplaçant le père Blaise. Etant donné les circonstances, l’église d’Antsirabe s’est rendue disponible pour nous aider. Oh… ce n’est peut-être pas grand-chose pour le diocèse, mais sans ce prêtre, nous ne pourrions avoir de messe en ce jour.

L’après-midi arrivant, nous devons penser au repas du soir. Je travaille avec Clémence à faire des pizzas. Nous devons en préparer pour 10 personnes. Clémence fait la pâte, alors que je fais la sauce tomate. J’ai un peu peur de rater ma sauce. Je n’ai jamais fait de sauce tomate. Mais Clémence me rassure. Alors je me mets à la tâche, je vais faire de mon mieux. Après une heure de préparation, et 20 minutes de cuisson, la sauce tomate est enfin prête. Je suis très satisfait du résultat. Clémence aussi a fini de faire sa partie. Alors nous étalons la pâte. Mais nous avons mal estimé les proportions. Il y a beaucoup trop de pâte par rapport à la quantité de sauce tomate. Qu’à cela ne tienne, les poivrons et la moutarde feront le reste.

Il nous faut presque toute l’après-midi pour préparer les pizzas. Et quand vient enfin l’heure du repas, nous sommes ravis de pouvoir passer à la dégustation. Tout le monde trouve la pizza délicieuse. C’est un succès, et je suis enchanté.

Dimanche 12 mai 2019 :

Beaucoup de personnes vont venir aujourd’hui. Elles sont là pour présenter leurs condoléances à la communauté. Alors, nous employons cette matinée à préparer de quoi les accueillir. Nous travaillons principalement au repas de ce midi. Il doit y en avoir pour tout le monde. Il y a beaucoup de carottes à couper et j’y participe activement. Une fois cela fini, je passe à la mise en place des parasols, des chaises, et des tables.

Je n’ai pas le loisir de m’ennuyer, et déjà sonne l’heure de la messe. Étant dans ma chambre, à l’heure de l’appel, je dois me précipiter pour ne pas être en retard. Heureusement, quand j’arrive, le prêtre n’est pas encore là. Je ne vais rien manquer de la célébration.

C’est une très belle messe. Tout le monde chante. Ici, tout le monde chante toujours. Lorsque la messe se termine, et que je prends enfin le temps de regarder mon téléphone, je constate qu’il est déjà 13h45. La messe a duré plus de 1h40. Je suis très étonné. Je n’ai pas vu le temps passer.

L’après-midi est plus calme, je prends le temps de me reposer, et de lire. Je ne fais rien d’extraordinaire, mais comme disait mon grand-père : « pour se reposer il faut s’ennuyer ». Alors, je m’ennuie, et je laisse le temps au temps.