Avant le grand départ !

Chers parents, parrains et amis, cela fait maintenant trois mois que j’ai quitté Nancy et je crois qu’il était temps de vous donner de mes nouvelles. Comme certains d’entre vous le savent déjà je suis, malheureusement, toujours en France. Il se trouve que les formalités administratives ont, en effet, pris beaucoup de retard. Mais rassurez-vous, car cette attente interminable touche à sa fin. Je pars demain, mardi, par le vol de 10h40 à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle.

Il me faut, tout de même, vous expliquer quelque peu ce qu’il s’est passé. En premier lieu, nous avons eu du mal à obtenir l’autorisation d’emploi bénévole auprès des autorités malgaches. La nouvelle ministre du Travail et des Lois sociales de Madagascar avait bloqué les autorisations d’emploi bénévole, le temps qu’elle se familiarise avec son nouveau poste. Puis, ce fut pour le visa qu’il me fallut attendre quatre longues semaines. Mais lundi dernier, alors que j’étais justement en déplacement à l’ambassade de Madagascar à Paris pour avoir des nouvelles sur l’avancement de mon visa, nous avons reçu à Lyon mon passeport avec le visa dûment signé à l’intérieur. Vous imaginez, je le crois, ma joie de pouvoir enfin partir pour ce projet qui me tient tant à cœur. Bien que je fusse encore à Paris, alors que le visa arrivait enfin à Lyon, je ne regrette pas ce déplacement. J’ai, en effet, pu revoir rapidement mes parents qui étaient venus spécialement pour l’occasion. De plus, j’ai eu le temps de rendre visite à ma marraine et son époux qui m’ont accueilli chaleureusement pour la nuit, malgré le fait que je ne les ai prévenus que le jour même de ma venue. J’ai enfin pu revoir mon ami Élie, et sa fiancée, que je n’avais pas vus depuis bien longtemps.

Au-delà des informations essentielles que je voulais absolument vous faire partager, je souhaitais aussi vous parler un peu de mon expérience de ces trois derniers mois dans la communauté du Chemin Neuf à Lyon. Je suis parti le 7 janvier et je devais initialement passer trois semaines dans la communauté… Finalement, ce seront 12 longues et merveilleuses semaines que j’aurais passées au sein de la communauté à Lyon. Ici, j’étais au service. Je faisais le ménage, la cuisine, ainsi que de nombreux travaux comme par exemple : la peinture des toilettes, le remplacement des vitres cassées, le transport des encombrants à la déchetterie, etc.… Cela ne me dérangeait pas d’être au service et de faire tous ces petits travaux. Toutes ces activités manuelles m’ont beaucoup aidé à développer du goût pour les choses simples. Et après six années passées en bureau d’études à travailler sur des documents, à lire des milliers de pages de spécifications, à réaliser des plans à la pelle et à faire des calculs pas toujours très utiles, je crois que j’avais bien besoin d’un peu de travail manuel pour me changer les idées.

Oui, ce temps au sein de la communauté fut vraiment très agréable. Oh, je ne dirai pas qu’il s’agissait de vacances, je pense même que j’ai beaucoup travaillé. Peut-être même plus que lorsque je travaillais en bureau d’études. Mais la relation au travail était tellement différente. Travailler avec des personnes que l’on côtoie du matin au soir, avec qui on prend ses petits déjeuners, ses déjeuners et ses dîners, c’est tellement différent. Pour arriver à vivre ensemble, la communauté consacre beaucoup de temps à la relation entre les personnes. Toutes les deux semaines, nous avions une réunion de FRAT. Lors de cette réunion nous avions la possibilité de dire ce que nous avions sur le cœur, comment nous avions ressenti ces dernières semaines passées ensemble. Il y avait aussi les temps de réconciliation. Durant ces moments nous prenions le temps d’aller voir les personnes que nous pensions avoir blessées pour prendre le temps d’en parler avec elles et de leur demander pardon si besoin était. Tous ces moments consacrés à la relation m’ont beaucoup appris. Je sens mon cœur se dilater et je pense que dans quelques mois je serai une personne encore bien meilleure qu’aujourd’hui.

Il m’est difficile de vous donner un exemple de journée « typique » dans la communauté. Mais j’aimerais tellement vous faire partager ce que j’ai vécu ces 12 dernières semaines que je vais faire de mon mieux pour vous décrire un exemple de journée dans la communauté du Chemin Neuf à Lyon :

Levée aux alentours de sept heures (ça, ce n’était pas trop dur). Se préparer pour l’office du matin à 7h30 (oh… cet office-là je n’y suis pas allé très souvent…). Puis petit déjeuner avec les jeunes aux services et les membres de la communauté. Enfin, début du travail à neuve heure pétante. Nous commençons toujours par une petite prière ensemble après quoi chaque personne au service reçoit son travail à faire pour le matin. À midi, tout le monde s’arrête et nous allons tous ensemble à la messe qui se termine à 12h45. Après la messe, c’est le temps du repas. Il dure, à peu près, jusqu’à 13h30 et est suivi de la vaisselle en communauté (pas de lave-vaisselle ici, de l’huile de coude et des sourires c’est bien suffisant). En fonction du jour de la semaine nous avons quartier libre, ou activité, jusqu’à 14h30 ou 15h00. Puis nous reprenons le travail, comme matin, avec le petit temps de prière en commun. Nous arrêtons en général vers 18 heures. Ensuite, nous avons temps libre jusqu’à 18h45, heure à laquelle commence l’adoration (pour ceux qui ne connaissent pas l’adoration est, pour les catholiques, un temps consacré à l’adoration de l’eucharistie qui est présentée dans ce que l’on appelle un ostensoir). L’adoration se termine à 19h30 (personnellement, je prenais généralement 30 minutes par jour pour l’adoration). Ensuite, nous partageons un repas ensemble jusqu’à 20h30. Repas bien évidemment suivi de la vaisselle communautaire. Puis nous avons temps libre, en général, jusqu’au lendemain matin.

Si vous faites un petit calcul des heures cela nous donne, finalement, assez peu d’heures de travail à proprement parler. Cependant, cela est sans compter le travail le samedi matin, et les différents services que l’on peut rendre aux autres personnes durant la journée. La réelle difficulté, dans cette organisation, est plutôt d’accepter les nombreux temps communautaires. Il faut en effet ajouter aux moments communautaires dont j’ai parlé plus haut : la soirée de prière du mardi soir, la soirée FRAT le jeudi soir une semaine sur deux, les temps de jeu, ou de sport, en communauté que je me forçais parfois à partager de façon à pouvoir entretenir de bonnes relations avec les autres. Cela me laissait, finalement, assez peu de temps pour moi-même (en tout cas beaucoup moins que ce que j’avais lorsque j’étais à Nancy seule dans mon appartement) et ce n’était pas plus mal. J’ai beaucoup appris, ainsi, à consacrer plus de temps aux autres et moins à moi-même.

Je voulais, enfin, remercier tous les membres de la communauté qui m’ont accueilli si chaleureusement et si gentiment durant ces 12 dernières semaines. En leur hommage, et pour que chacun se souvienne un peu du temps partagé ensemble, voici ci-dessous un repas partagé et une photo de groupe de la communauté (hélas, tout le monde n’est pas présent sur la photo de groupe).

Il est temps de vous dire au revoir pour aujourd’hui, et merci de m’avoir lu jusqu’à.

Que vous soyez des parents, des parrains ou des amis, je vous serre tous contre mon cœur, je vous garde dans mes prières et je vous assure que je vous tiendrai informé du reste de mes aventures à Madagascar.

Loïc Laval.